A- A+
Regardez, lisez, écoutez

Géricault, Degas et les autres...

mer, 04/07/2012 - 14:04 -- admin

Le billet du commissaire par Emmanuelle Héran

Quand on imagine une exposition, on essaie d’anticiper les réactions des visiteurs. C’est très différent du travail pointu, destiné à ses pairs, que fait d’habitude un historien de l’art quand il écrit un article de fond dans une revue spécialisée. Un commissaire d’exposition part des recherches des autres, il les synthétise, tout en poussant certains aspects de manière subjective, pour arriver à un résultat visuel. Il oriente son travail en fonction des espaces qui lui sont dévolus, du public supposé. J’ai donc composé, panaché. J’ai retenu en priorité les œuvres d’artistes célèbres, les très grands noms, attendus, comme Géricault et Degas, qui excellent dans les chevaux. J'ai bien sûr montré quelques artistes spécialisés dans l’art animalier, que les mordus de ce genre d’art adorent – je pense à Boel, Desportes, Oudry, Steinlen en peinture, à Barye, Pompon, Bugatti en sculpture -, mais aussi des animaliers très connus dans leur pays, comme Stubbs et Landseer en Angleterre, Audubon aux Etats-Unis, Von Max en Allemagne.



 


J’ai voulu aussi réserver des surprises au public, avec de parfaits inconnus, ou connus seulement des spécialistes comme Ludger tom Ring le Jeune, un peintre dont j’expose un très curieux tableau, de 1560, qui réunit des animaux divers. Ma connaissance de l’allemand m’a beaucoup aidée à repérer des peintres et dessinateurs du XVIe siècle, qui sont les pionniers de la représentation réaliste de l’animal. Une amie néerlandophone m’a aidée pour les artistes flamands et hollandais. La maîtrise des langues étrangères est d’ailleurs très importante pour un commissaire d’exposition : pour entretenir des contacts avec des collègues étrangers, mais aussi pour lire les publications – livres, articles, catalogues d’expositions – qui permettent de posséder un sujet à fond, de ne rien omettre, de se tenir au courant de l’actualité de la recherche.

Pour en discuter, c'est ici

Ajouter un commentaire

à lire aussi