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: FIAC 1991 (Journal A2, 20h)
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transcription :
Bruno Masure : Inauguration hier soir, sous la verrière du Grand Palais à Paris, de la FIAC, Foire Internationale de l’Art Contemporain. Jamais depuis 18 ans qu’elle existe, cette manifestation n’aura été aussi attendue par tous les spécialistes du marché de l’art, avec cette question angoissante : 1991 sera-t-elle l’année de la reprise ou au contraire, l’année de la débâcle. Le chiffre d’affaire de la FIAC était de 400 millions de francs en 1989, à l’âge d’or. Il pourrait descendre en-dessous cette année. En parcourant le Grand Palais, Georges Bégou et Alain Poirier ont tout de même constaté que malgré la conjoncture morose, les artistes n’ont pas perdu le sens de l’humour.
Journaliste : Le derviche public, ça tourne rond. On le savait déjà. Hache que c’est beau ! Hache, que c’est utile ! Et ça chante en plus ! Et la télé, c’est ti pas de l’art ? Défense de rire parce que tout cela vaut cher et témoigne du goût de notre époque. Samuel Fuller a inspiré Schock Corridor à Peter Closer. Et La littérature à la petite cuillère, vous aimez ? Dans une conjoncture morose où Mickey à son bureau semble attendre les commandes, il est tout de même permis d’espérer car Jack Lang et le président ont réussi à sauver l’art contemporain des 18,5 % de TVA de Monsieur Charasse. L’art d’aujourd’hui est ludique. Il est aussi lunaire lorsqu’il s’agit de Richard Texier qui s’interroge sur le cosmos et la matière brute.
Richard Texier : Je crois que la peinture, il s’agit du domaine de l’intuition, de l’émotion et de la sensualité. Je ne crois pas qu’un peintre doive chercher l’intelligence. Enfin, il me semble qu’on doit travailler avec quelque chose de plus intérieur, de plus mental.
Journaliste : A l’opposé de Texier, voici le monde mental truculent d’Yvon Taillandier que beaucoup de peintres à la mode ont imité.
Yvon Taillandier : J’aime l’existence, j’aime la vitalité. Je veux peindre la vitalité, je veux peindre quelque chose qui soit gai et stimulant. Il y a quelqu’un récemment qui a dit : « quand je vois, si je vois le matin une toile de Taillandier, je suis content pour toute la journée. » C’est exactement ce que je veux faire.
Journaliste : Pour rester dans le temps optimiste, chacun rêve d’un retour en arrière, au temps où c’était le bon temps pour les artistes et les marchands.
FIAC 1991 (Journal A2, 20h)
1991-10-05 Événements
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