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Les coulisses de la viste virtuelle

Les quadriges en cours de modélisation : la partie la plus difficile à réaliser.
© Jean Silvant
Projet phare de son nouveau site internet, la visite virtuelle du Grand Palais en 3D a été voulue par l'Établissement public comme un moyen de faire découvrir au plus grand nombre des aspects méconnus du monument. Visiter le Grand Palais de chez soi, accéder virtuellement à tous les espaces, découvrir les nouveaux aménagements prévus, sont une façon moderne de s'approprier ce lieu magique. À l'occasion du lancement de son nouveau site internet, Quadriges vous dévoile en exclusivité les coulisses de la visite virtuelle.

Si la conception du site internet a été confiée à la société Eclydre, c'est la société Kungfuyoga qui a été retenue pour concevoir la visite virtuelle du Grand Palais. Première étape : le monument a été pris en photo sous toutes ses coutures par la société Livingstone, chargée par Kungfuyoga de la production des images 3D. Près de 5 000 clichés ont servi à constituer une base de données qui, ajoutées aux plans d'architectes des archives du Grand Palais, ont permis de reproduire l'édifice en 3D. Obtenir ensuite un rendu très réaliste, grâce à un travail de texture, était un enjeu important afin d'exprimer le plus finement la somptuosité architecturale du monument. Parallèlement, la volonté de théâtraliser la vie du Grand Palais pour rendre compte de sa programmation bouillonnante, a donné l'idée de mouvements de caméra proches d'un véritable film de cinéma. Derniers réglages, jeu d'ombres et de lumières, et enfin la touche finale : la musique. Composée spécialement par François-Eudes Chanfrault, elle a  permis de créer une atmosphère suggestive et de donner à entendre les bruits évocateurs de la vie du Grand Palais : sabots de chevaux lors des concours hippiques, choc des gants de boxe lors du match de Marcel Cerdan…
Au total : six mois de travail, 20 personnes aux métiers très différents (infographistes, développeurs, musiciens, comédiens, photographes, lighter…), des milliers de calculs et de photos, et même, des imprévus. Comme celui dû à la modélisation des quadriges, « le travail le plus difficile, une réalisation beaucoup plus complexe qu'il ne pouvait sembler », explique le photographe Jean Silvant. « Vus d'en bas, on croit que les quadriges sont faciles à réaliser mais quand on regarde de plus près, plein de petits détails cachés apparaissent. Et comme ces chevaux en bronze ont un revêtement lisse, contrairement aux statues en pierre, plus poreuses, il est difficile de trouver des points d'accroche. Du coup, il a fallu placer manuellement 2000 points et utiliser 12 photos par quadrige alors qu'une sculpture classique en demande en principe seulement 5 ou 6. »

Mais l'enthousiasme et la passion pour le projet n'ont jamais faibli. « L'effet Grand Palais » a transcendé toutes les difficultés. Les particularités architecturales du monument, sa lumière exceptionnelle sont de puissants moteurs, comme l'expliquent en chœur les équipes du projet : « Travailler pour le Grand Palais, c'est très valorisant. Il y avait artistiquement et techniquement un défi qui nous poussait tous à nous dépasser. Au final, on est ici à la pointe de ce qui peut se faire actuellement sur le web en combinant Flash, vidéo et 3D. »
Une prouesse technique qui n'est pas sans rappeler la prouesse des architectes du Grand Palais il ya plus d'un siècle. En cent ans, le monde a changé, l'ère de la pierre a cédé la place à l'ère virtuelle. Mais le besoin de se dépasser sera toujours présent. En attendant le prochain défi ?