Au total : six mois de travail, 20 personnes aux métiers très différents (infographistes, développeurs, musiciens, comédiens, photographes, lighter…), des milliers de calculs et de photos, et même, des imprévus. Comme celui dû à la modélisation des quadriges, « le travail le plus difficile, une réalisation beaucoup plus complexe qu'il ne pouvait sembler », explique le photographe Jean Silvant. « Vus d'en bas, on croit que les quadriges sont faciles à réaliser mais quand on regarde de plus près, plein de petits détails cachés apparaissent. Et comme ces chevaux en bronze ont un revêtement lisse, contrairement aux statues en pierre, plus poreuses, il est difficile de trouver des points d'accroche. Du coup, il a fallu placer manuellement 2000 points et utiliser 12 photos par quadrige alors qu'une sculpture classique en demande en principe seulement 5 ou 6. »
Mais l'enthousiasme et la passion pour le projet n'ont jamais faibli. « L'effet Grand Palais » a transcendé toutes les difficultés. Les particularités architecturales du monument, sa lumière exceptionnelle sont de puissants moteurs, comme l'expliquent en chœur les équipes du projet : « Travailler pour le Grand Palais, c'est très valorisant. Il y avait artistiquement et techniquement un défi qui nous poussait tous à nous dépasser. Au final, on est ici à la pointe de ce qui peut se faire actuellement sur le web en combinant Flash, vidéo et 3D. »
Une prouesse technique qui n'est pas sans rappeler la prouesse des architectes du Grand Palais il ya plus d'un siècle. En cent ans, le monde a changé, l'ère de la pierre a cédé la place à l'ère virtuelle. Mais le besoin de se dépasser sera toujours présent. En attendant le prochain défi ?