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Dans la tourmente des deux guerres

mer, 18/01/2012 - 16:59 -- admin
Du vingtième siècle, le Grand Palais a exprimé les visions, les valeurs, les espoirs, mais aussi les outrages : pris dans la tourmente des deux guerres, le monument a rendu service aux poilus en devenant hôpital militaire, mais il a aussi servi à la propagande nazie lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Voir le média:Arrivée de grands blessés pendant la Première Guerre mondiale.
Arrivée de grands blessés au Grand Palais pendant la Première Guerre
mondiale. © Coll. Grand Palais
Qui aurait jamais pensé que le Grand Palais, dédié « à la gloire de l'art français », eût pu se transformer en hôpital militaire ? C'est pourtant le cas lors de la Première Guerre mondiale. À la place des traditionnels Salons artistiques ou Salons de l'automobile, le monument est réquisitionné pour servir de centre d'accueil des troupes coloniales puis des fusiliers marins, où les soldats reçoivent leur équipement, suivent une instruction et s'entraînent.

Le 4 septembre 1914, le conservateur du Grand Palais, Henri Deglane, reçoit mission de transformer une partie de l'édifie en ambulance militaire. Progressivement, c'est tout le Grand Palais qui devient hôpital, accueillant mille lits, deux salles d'opération et même un centre de rééducation où sont expérimentées la physiothérapie, l'hydrothérapie ou la radiothérapie. Les résultats sont si probants que la plupart des soldats peuvent être renvoyés sur le front. L'art n'est pas en reste : les peintres et sculpteurs non mobilisés des Salons mettent leurs talents à contribution en décorant les salles ou en réalisant des moulages de prothèses.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le Grand Palais connaît les heures les plus sombres de son histoire. La défaite interrompt les préparatifs du 2e Salon de la France d'outre-mer. Laissé aux mains des Allemands, le Grand Palais est réquisitionné pour servir d'entrepôt pour leurs camions puis pour accueillir deux expositions au service de la propagande nazie. La première intitulée « La France européenne » a lieu en 1940, suivie un an après par « La Vie nouvelle ». L'échec cuisant de cette exposition sonne le glas de ce type de manifestations.

Lors de la Libération de Paris, le Grand Palais devient bastion de résistance. Le 23 août 1944, un gardien de la paix tire d'une fenêtre du commissariat de l'avenue de Sèlves sur une colonne allemande proche des Champs-Élysées. Les Allemands attaquent le Grand Palais avec des chars lourds et font sauter un angle de la façade sur l'avenue de Sèlves. C'est le début d'un incendie, alimenté par la paille utilisée pour la ménagerie d'un cirque installé sous la Nef. Pendant 48 heures, le feu dégage une fumée noire et provoque des dommages importants. Le 26 août, les Gi's installent leur jeep dans la Nef, suivis de peu par celles de la 2e DB. Le Grand Palais est libéré !

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