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La construction

Un chantier titanesque

Construire le Grand Palais à temps pour l'ouverture de l'Exposition universelle relève de l'exploit : trois ans seulement pour réaliser ce chantier titanesque. C'est pourtant le record réalisé, malgré les mauvaises surprises ou les retards qui égrènent la construction. Le résultat est un triomphe : une véritable prouesse architecturale alliant des matériaux très dissemblables : l'acier, la pierre et le verre.
Voir le média:Une des grues roulantes à vapeur.
Une des grues roulantes à vapeur. Le bras mobile pouvait élever à 35 mètres de hauteur des blocs pesant jusqu’à 5 tonnes. © Coll. Grand Palais
Malgré les premiers sondages effectués pour tester la résistance du sol, c'est seulement en commençant les travaux de fondations que la résistance du terrain révèle une mauvaise surprise : une inconsistance du sol du côté de la Seine. Il est alors décidé de bâtir sur pilotis.
3 400 pieux de chêne sont ainsi utilisés, mais au prix d'un retard de huit mois et d'un dépassement de crédits important.

Les fondations terminées, les travaux de maçonnerie peuvent commencer. Ils sont gigantesques : à elle seule, la partie donnant sur l'actuelle avenue Winston-Churchill nécessite 17 000 m2 de pierre, 10 000 m3 de moellons et
2 millions de briques. Pour tenir la course contre la montre, les moyens les plus modernes sont utilisés : grues roulantes, machines à vapeur, pont roulant...
La force humaine est elle aussi requise en masse : au plus fort du chantier,
15 000 ouvriers travaillent – et parfois, se mettent en grève pour obtenir des augmentations de salaire.

8 500 tonnes d’acier

Voir le média:Les quadriges semblent s’élancer dans le ciel de Paris.
Les quadriges semblent s’élancer dans le ciel de Paris. © Coll. Grand Palais, photo François Tomasi
La touche finale est apportée par les décors. Quarante artistes contemporains sont choisis par les architectes pour exécuter les multiples statues, frises polychromes en mosaïque et céramique, ornements et groupes monumentaux destinés à embellir le Grand Palais. Si les façades évoluent vers le classicisme (les colonnades rappellent celles du Louvre, par exemple), les sculptures sont très baroques. Les plus remarquables sont sans conteste les fameux quadriges de Georges Récipon qui ornent les angles de la façade principale : L'Harmonie triomphant de la Discorde, côté Seine, et L'Immortalité devançant le Temps, côté Champs-Élysées.
Enfin, l'inscription de la façade arbore fièrement la mission et l'ambition du Grand Palais : « Ce monument a été consacré par la République à la gloire de l'art français ».