En ce début d'après-midi du 14 avril 1900, les visiteurs, animés d'une fièvre bien perceptible, se pressent le long de la Seine vers les abords de l'Exposition universelle. Pour 30 centimes, ils ont emprunté les lignes d'omnibus ou de tramway, certains ont traversé Paris en voiture de place, d'autres, plus aisés, ont fait le trajet en calèche. Chacun se hâte, attiré par ce miracle de pouvoir faire, en quelques minutes, le tour du monde.
Treize mille invités, parmi lesquels militaires, ministres et ambassadeurs, ont trouvé place dans la Salle des fêtes du palais des Machines, où les toilettes des jolies femmes se mêlent pittoresquement aux uniformes étrangers. Le beau temps est de la partie, et chacun est impatient d'écouter, après les accents d'une Marseillaise retentissante, le discours du président de la République Émile Loubet. Aux mots de « foi dans le progrès », à l'hommage rendu aux ouvriers, à l'invocation du « travail qui mène vers le bonheur », la foule ne peut plus contenir son enthousiasme, et c'est sous une triple salve d'applaudissements qu'Émile Loubet déclare ouverte l'Exposition universelle.