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Irving Penn en vogue

jeu, 12/10/2017 - 13:47 -- debout
Lorsque Penn intègre l’équipe de Vogue en 1943, il n’ambitionne pas de devenir photographe de mode. Et pourtant, son entrée au sein du magazine va lui ouvrir de nombreuses opportunités ...
Une fois établie la réputation de portraitiste d’Irving Penn, Alexander Liberman, directeur artistique de Vogue, le prépare à la photographie de mode.  « Alex me trouvait un peu sauvageon », explique Irving Penn. Le voilà donc prié de s’acheter une veste de smoking et d’assister aux «collections», les présentations très attendues des couturiers parisiens. 
 
Mais la foule des photographes et des rédacteurs de ces rendez-vous mondains le perturbe. Il préfère travailler au calme et, si possible, dans un studio en éclairage naturel. Pour les collections de 1950, on lui trouve donc un atelier à Paris, ainsi qu’un rideau de théâtre en guise de fond neutre.
Dans un ancien bâtiment de la rue de Vaugirard, sans eau courante ni électricité, un escalier branlant mène à l’étage supérieur orienté plein nord. Irving Penn est enchanté par ce studio spartiate et sa lumière nacrée, par les créations superbement ouvragées de Balenciaga et d’autres couturiers, et par les mannequins. En particulier, il dit beaucoup de bien de Lisa Fonssagrives, une ancienne danseuse douée d’un grand sens de la pose et des tissus, qui l’a accompagné depuis New York. Leur complicité, décelable dans le regard de la jeune femme, donne naissance à une suite d’images inégalée. 
Publiés dans les numéros de septembre et octobre 1950, les clichés parisiens de Penn assoient sa renommée en tant que photographe de mode.

Zoom sur Rochas Mermaid Dress (Lisa Fonssagrives-Penn), Paris 1950

Future épouse de Penn, le mannequin Lisa Fonssagrives porte une robe-bustier conçue par le couturier Marcel Rochas (1902-1955). Nous sommes en 1950, le vêtement a été livré par coursier dans le studio parisien de Penn. Les couturiers lui font ainsi une fleur en acceptant de lui livrer les vêtements alors que les défilés battent leur plein et surtout en le laissant libre de travailler avec les modèles de son choix. Mais le jeu en vaut la chandelle : la douce lumière du nord exalte les volumes des vêtements, avec comme ici, la monumentalité de cette robe fourreau ténébreuse s’abîmant dans un éventail de volants qui captent les rayons du jour. 
Alors que la plupart de ses confrères préfèrent mettre en scène des romances encombrées d’accessoires dans des décors d’hôtels particuliers, Penn se plaît à épurer le décor au maximum pour mieux mettre en valeur les chefs-d’oeuvre fabriqués par les petites mains de la haute couture. 

 

 

Irving Penn, Grand Palais
jusqu'au 29 janvier 2018

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