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James Turrell dans l'oeil du volcan

mer, 10/07/2013 - 10:39 -- celine
Au nombre des artistes vivants historiques de cette tendance d’un art de la lumière et de l’espace, l’Américain James Turrell reste sans conteste une figure à part. L’ampleur, la singularité de ses recherches, la puissante dimension spirituelle qui se dégage de son œuvre ambitieuse, inscrite dans la durée, le distinguent comme une référence majeure. Le premier à libérer la lumière de son support pour en faire une œuvre d’art à part entière. La présence de la lumière comme une révélation.



Avec pas moins de 160 expositions personnelles à travers le monde depuis 1967, plus d’une vingtaine d’installations permanentes dans des institutions et musées prestigieux, des œuvres dans de nombreuses collections internationales, le plasticien californien à la longue barbe de moine anachorète (un héritage de ses origines quakers, autoproclamés"enfants de la lumière"), né en 1943 à Los Angeles, fait l’objet en 2013 de trois expositions rétrospectives. Au Guggenheim Museum de New York, au Los Angeles County Museum of Art et enfin, au Museum of Fine Arts de Houston.

Turrell conçoit des dispositifs à partir de l’espace et de la lumière depuis plus de trois décennies. En architecte de la lumière, il réalise des lieux d’expérience d’où se dégage une profonde poétique du vide. Tout à la fois concrète et existentielle, sa démarche s’est vue couronnée par de nombreuses reconnaissances en architecture. Mêlant art et technologie, il réalise aujourd’hui, grâce à l’informatique et aux derniers systèmes lumineux LED, ce qui relevait encore pour beaucoup du domaine de la spéculation dans les années 60-70.
 
Ses environnements immergent littéralement le spectateur, pour mieux révéler chacun à soi-même ; « se voir en train de voir », selon ses propres termes. Autant de tableaux, de compositions à partir de la lumière, dans lesquels se plonger revient à expérimenter des sensations allant de l’étrangeté à la disposition à la méditation, l'introspection. La vision d'une lumière intérieure. Un sens de l'épure allant à l'essentiel,  influencé par la culture des Indiens Hopi, les spiritualités du Japon, de l'Inde ou du Tibet, dont l'artiste est un fin connaisseur.
 
Le grand œuvre de Turrell, dont l’intérêt se porte autant à l’art qu’aux mathématiques et à l’astronomie, reste l’aménagement pharaonique du Roden Crater dans sa thébaïde du désert de l’Arizona. Un cratère de volcan éteint, découvert en 1974 en survolant la région à bord de son avion. Il y a depuis ouvert un observatoire, vaste "work in progress", site d'exception d’où il est possible de percevoir des phénomènes célestes depuis des points prévus à cet effet. La lumière, toujours. Étroitement liée à la fascination de l’espace.

Auteur
Stéphane Renault, journaliste, critique et historien d’art

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