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Les portraits de Penn comme des miroirs de l’âme...

jeu, 02/11/2017 - 16:31 -- debout
Dans les années 1950 et au début des années 1960, le regard d’Irving Penn, son inventivité et ses compétences techniques sont très demandés. Il partage son temps entre la publicité et les photographies de mode ou de célébrités pour Vogue.
Irving Penn veut que ses portraits aient la même force irréductible que des tableaux. Il puise dans les œuvres de Goya, de Daumier et de Toulouse-Lautrec des leçons de cadrage, d’éclairage et d’éloquence instantanée. Pour lui, l’essentiel est de percer l’expression de façade et l’armure des célébrités qui viennent poser dans son studio. Il les reçoit comme il est, en jean et chemise blanche, et commence par les mettre à l’aise en leur offrant un café. Ensuite, Irving Penn conforte et encourage ses modèles pendant tout le déroulement de la séance, faisant peu à peu tomber leurs défenses pour les amener à partager son projet. Il n’est pas satisfait tant que son interlocuteur ne s’est pas engagé avec lui sur un terrain sensible, où les vérités se renforcent et révèlent leur essence profonde. 
 
Les images qui en résultent marquent pour lui le début d’un demi siècle de portraits qui, par leur concision graphique et leur finesse psychologique, restent inégalés. Les portraits de Penn ne ressemblent à ceux d’aucun autre photographe. 
D’une grande intensité psychologique et néanmoins élégants et subtilement composés, ils situent le sujet dans une ambiance sereine, d’une limpidité surnaturelle. 
 
 
Dans la photo de Pablo Picasso (1881-1973) prise à La Californie (villa de l’artiste à Cannes) en 1957, l’oeil gauche de l’artiste nous fixe intensément depuis son seul profil visible, de sorte que son visage ressemble presque à certains de ses portraits cubistes.
Penn avait un certain goût pour le minimalisme. Le jour où il insiste pour se présenter à un rendez-vous avec Picasso – en dépit des protestations des agents de l’artiste, prétendant qu’il n’est pas chez lui –, il trouve le peintre vêtu d’un sweatshirt gris. Cette tenue ne l’inspire guère. Picasso décide alors, pour s’amuser, de revêtir une cape espagnole et un chapeau. Penn, de son côté, travaillant sur la pose pour sortir de l’idée de déguisement, se rapproche peu à peu de l’oeil gauche de l’artiste, qu’il isole pour en faire le point focal d’une image cadrée de façon très serrée, réduite à l’essentiel. Picasso ne lui avait accordé que dix minutes, mais le photographe, nullement découragé, mobilisa tout son talent et toute son expérience pour sculpter l’essence de ce personnage fascinant.



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Irving Penn, Grand Palais
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