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Chef-d'œuvre de Pablo Picasso, Les Demoiselles d'Avignon ont fait l'objet de nombreuses inspirations et réinterprétations...
Le carrer d’Avinyó
est une rue de Barcelone célèbre pour son bordel et ses prostituées. Pablo Picasso juxtapose dans les Demoiselles d’Avignon les corps offerts des prostituées, auxquels il donne toutefois des arêtes aiguës, et les masques striés aux couleurs vives, évocations d’un art africain qui commence à être reconnu. Cette appropriation admirative et violente, fondamentale pour son travail plastique à venir, fonde le statut d’icône du tableau et intéresse les appropriationnistes (Mike Bidlo, Richard Pettibone, André Raffray). La double nature des Demoiselles d’Avignon, sexuelle et exotique, est soulignée par Sigmar Polke, Richard Prince ou encore Jeff Koons. Pour les artistes africains et afro-américains, Pablo Picasso est une figure ambivalente. S’il a fortement contribué à la reconnaissance de l’art africain, ce déplacement a en effet fait entrer ce dernier dans une histoire de l’art occidentale qui l’a longtemps considéré uniquement par rapport aux artistes occidentaux.
Les artistes femmes posent également la question des modèles et des prostituées, objets, et rarement sujets de l’art. Ainsi, Faith Ringgold, Robert Colescott, Leonce Raphael Agbodjelou, Wangechi Mutu ou Romuald Hazoumé, tous artistes créant dans un monde post-colonial marqué par des rapports persistants de domination, rappellent l’africanité des Demoiselles. Les artistes femmes leur redonnent quant à elles une qualité de sujets.
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