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Que racontent les natures mortes d'Irving Penn ?

jeu, 28/09/2017 - 18:07 -- debout
Dans une nature morte, chaque objet doit raconter une histoire humaine, autant qu’un regard, disait Penn à ses étudiants en photographie. Que nous racontent les siennes, actuellement exposées au Grand Palais ?

Irving Penn acquiert son premier Rolleiflex en 1938 grâce à son travail d’assistant à Harper’s Bazaar.

Il débute par des études de devantures du XIXe siècle, d’enseignes peintes à la main et de panneaux de signalisation vus à Philadelphie et à New York. Irving Penn effectue souvent la mise au point au plus près de son sujet quand il cadre l’image, puis il resserre encore le cadrage sur l’épreuve définitive. Ce mode de création reste inchangé lors du bref voyage qu’il accomplit dans le sud des États-Unis en 1941 et au cours de l’année suivante qu’il passe au Mexique, où il peint et photographie. 


Difficile de déchiffrer des mots rendus illisibles par l’absence de plusieurs lettres : on devine à peine qu’il s’agit de l’enseigne d’une officine de tatouage. 
Le cadrage serré arrache l’objet à son contexte de telle sorte que le cliché ne rend plus compte de la réalité sociale dans laquelle s’inscrit cette enseigne. Cette démarche s’oppose à celle, documentaire, de Walker Evans. Penn est davantage fasciné par les possibilités recelées dans ces mots, dont le caractère incomplet invite le spectateur à imaginer toutes les combinaisons potentielles, improbables ou non. 


Penn rentre du Mexique en novembre 1942, alors que la presse de mode s’épanouit à New York. Fraîchement nommé directeur artistique de Vogue, Alexander Liberman embauche Penn en 1943 afin de concevoir les couvertures de la revue et l’encourage à s’affirmer dans la photographie. Penn s’oriente alors vers la nature morte d’objets divers, disposés de sorte à exciter le sens du toucher du lecteur. Minutieuses et sensuelles, ses compositions montrent une connaissance pointue de l’histoire de l’art, des maîtres hollandais du XVIIe siècle aux cubistes. Un sac à main renversé, un café abandonné, une allumette grillée… Parsemées d’indices, certaines de ses natures mortes, très narratives, fonctionnent comme les instantanés d’une vie suspendue. 

 

En composant ces images, Irving Penn raconte des histoires dont les protagonistes ont disparu, ne laissant que leurs traces. Il construit ces photographies (et toutes les autres) en virtuose de la simplification, invitant le spectateur à les regarder en profondeur pour apprécier et comprendre pleinement leur ordre intérieur et découvrir les signes de vie qu’elles contiennent.
 
Avec sa façon caractéristique de réduire les choses à ce qu’elles ont de plus élémentaire, il trouve des raccourcis qui suggèrent le monde tel qu’il existe en dehors de ces images parfaites.

 

 

Irving Penn, Grand Palais
jusqu'au 29 janvier 2018

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