Mapplethorpe : La chair et le marbre

Mapplethorpe : La chair et le marbre

« Je vois les choses comme des sculptures, comme des formes qui occupent un espace ». Hanté par un idéal de beauté néoclassique, Mapplethorpe poursuit sa quête de la forme parfaite à travers des clichés statuaires, trahissant son goût du détail et de la géométrie : « En fait je suis obsédé par la beauté. Je veux que tout soit parfait ».
22 Abril 2014
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Virginie Huet, journaliste
Robert Mapplethorpe, Lisa Lyon, 1981, Solomon R. Guggenheim Museum, New York © Robert Mapplethorpe Foundation.
S’il étudie jusqu’en 1970 la peinture et la sculpture au Pratt Institute de Brooklyn, c’est en photographie qu’il donnera corps à ses fantasmes de matière : « Si j’étais né il y a cent ou deux cents ans, j’aurais été sans doute sculpteur, mais la photographie est une façon rapide de voir et de sculpter. »

Influencé par les maîtres italiens du Cinquecento – on pense notamment à The Slave (1974), hommage explicite à l’Esclave mourant de Michel Ange (1513) - il sublime à ses débuts les plastiques canoniques de l’athlète Ken Moody, du danseur Derrick Cross, ou de la bodybuildeuse Lisa Lyon, dans des compositions flirtant avec le trompe l’œil.

Les postures énergiques adoptées par ses modèles, outrant la contraction de leurs muscles, encore soulignés par un savant clair obscur, célèbrent la qualité sculpturale de la forme nue. Spectres dont la tête et les bras sont souvent plongés dans l’obscurité, on ne sait plus qui, de la chair ou du marbre, se prend pour l’autre.

A la fin de sa carrière, Mapplethorpe glorifie les divinités de son panthéon personnel : Eros, Mercure, Hermès… comme si, à travers ces images de statues antiques, il cherchait à s’assurer une postérité dans la grande histoire de l’art.


A voir : Le musée Rodin présente l'exposition Mapplethorpe Rodin - du 8 avril au 21 septembre 2014 -  confrontant l'oeuvre sculptée d'Auguste Rodin à celle de Robert Mapplethorpe

 

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