Œuvres commentées d'Élisabeth : Portrait par elle même de profil

Œuvres commentées d'Élisabeth : Portrait par elle même de profil

Pour vous faire découvrir un peu plus l'exposition Élisabeth Louise Vigée Le Brun jusqu'au 11 janvier 2016 plongez dans les tableaux de la célèbre portraitiste...
23 Octubre 2015
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Xavier Salmon
Portrait par elle-même de profil 1801
,
 Rouen, musée des Beaux-Arts
Portrait par elle-même de profil


Après avoir fixé entre 1792 et 1795 les profils de lady Guisford, née Maria Karoline Gräfin von Thun (1769-1800), celui de Felix Woyna (1787-1857), le fils de l’ambassadeur de Pologne à Vienne, et celui des deux fils de la duchesse de Polignac (voir cat. 113), Élisabeth Vigée Le Brun reprit en 1801 la formule pour son propre portrait. Depuis juillet 1795, l’artiste résidait à Saint-Pétersbourg où elle avait été présentée à Catherine II et s’appliquait à portraiturer la famille impériale ainsi que toutes les plus jolies femmes de la noblesse. Le 5 juin 1800, Mme Vigée Le Brun avait été radiée à Paris de la liste des émigrés.
Pour autant, elle n’avait pas regagné la France et était demeurée en Russie. Le 16 juin suivant, elle était reçue à l’Académie de Russie. D’octobre 1800 à mars-avril 1801, elle séjournait à Moscou. En juin 1801, elle reprenait le chemin de Paris. Avant son départ, il semble qu’elle avait non seulement peint à l’huile l’autoportrait « jusque aux genoux, en noir, tenant ma palette » qu’elle destinait à l’Académie de Saint-Pétersbourg, comme elle le précisait dans la liste des œuvres exécutées en Russie, mais également le profil au pastel aujourd’hui conservé à Rouen. Joseph Baillio a proposé de le rapprocher du « portrait de profil pour la ville de Saint-Pétersbourg » cité parmi les œuvres peintes après son retour à Paris. Ainsi que le précisait l’artiste, ce profil était destiné à être transcrit sur une médaille dont le verso devait porter le profil d’Angelika Kauffmann.
Le musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg conserve en effet une médaille en argent frappée par l’académie de la ville, mais en 1829. Si l’hypothèse de Joseph Baillio s’avère exacte, elle soulignerait une nouvelle fois combien les listes d’œuvres données par l’artiste doivent être maniées avec prudence, les data- tions étant très souvent entachées d’erreurs.

Xavier Salmon

 
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