Miró face aux grands maîtres hollandais

Miró face aux grands maîtres hollandais

L'exposition Miró au Grand Palais vous fait voyager tout en poésie : départ pour la Hollande cette semaine !
14 Noviembre 2018
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En 1928, Joan Miró voyage et conforte son langage auprès des grands aînés. De retour du séjour qu’il effectue en Belgique et en Hollande du 5 au 17 mai de cette même année, Miró fait dans son atelier de la rue Tourlaque plusieurs dessins réparatoires pour la série des « Intérieurs hollandais » qu’il exécute à partir de cartes postales achetées dans les musées. Le premier tableau de la trilogie s’inspire du Joueur de luth d’Hendrick Martensz Sorh (1661), le second de La Leçon de danse du chat de Jan Steen, et le troisième de la Femme à sa toilette du même Jan Steen.

 

 

La transposition poétique que donne Miró de ce troisième Intérieur est pour le moins déroutante : selon ses dires, il a représenté une femme accouchant d’une chèvre, celle-ci étant reconnaissable à ses cornes et à sa barbiche. Du sexe de la femme s’échappe un mince filet noir qui devient une large flaque de sang. Un de ses bras décrit une longue arabesque noire circulaire tout autour du tableau, tandis que l’autre, réduit à une mince ligne, effectue plusieurs révolutions. Il agrandit ou rapetisse des éléments, notre imagination est ainsi toujours en éveil.

Derrière la truculence grotesque apportée à chaque détail se cache le calcul extrêmement précis de la construction et de la répartition des aplats de couleurs. Les titres de ces tableaux n’ont qu’un rapport lointain, inattendu, avec ceux qui ont frappé son esprit lors de la découverte de cette peinture hollandaise, marquée elle aussi par la réalité du quotidien.

 

Retrouvez cette série au Grand Palais jusqu'au 4 février 2019 ! 

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