Carnet de Voyage : Cinquième escale, l’Amérique [2/2]

C’est l’été ! Alors durant tout le mois de juillet, le Grand Palais vous emmène en voyage à travers l’art. Au programme : l’Europe, l’Orient, l’Océanie et enfin, l’Amérique pour clôturer ce tour du monde artistique !
31 juillet 2014
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Eh oui, les artistes aussi partent en vacances : quête artistique, recherche d’un ailleurs, traditionnel voyage en Italie, fascination pour l’Orient… Le lien entre les artistes et le voyage est très fort et commun à toute époque. Le Carnet de Voyage du Grand Palais touche à sa fin, pour terminer en beauté, cap sur l’Amérique ! Terre de liberté et de nouveauté l’Amérique est un continent qui a accueilli et inspiré de nombreux artistes. 

Le bosquet par Gari Julius Melchers © RMN-Grand Palais (Château de Blérancourt) / Gérard Blot
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Les échanges artistiques entre l’Europe et les États-Unis sont anciens et surtout réciproques. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la France est une destination très prisée par les artistes américains. À cette époque, Paris est la capitale artistique, chacun vient y parfaire sa formation. Peintres et sculpteurs débarquent du monde entier pour avoir la chance de fréquenter ses académies, écoles et ateliers (sous la direction de peintres comme Léon Bonnat ou Jean-Léon Gérôme). Ne pouvant concourir au Prix de Rome - réservé aux artistes français - les peintres américains exposent régulièrement au Salon où l’État réalise des acquisitions pour le Musée du Luxembourg. C’est ainsi que Le Bosquet de Gari Julius Melchers (ci-contre), ou Lumière du matin de Walter Elmer Schofield, viendront enrichir les collections de ce musée dédié aux artistes vivants.
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Jeune fille au jardin, dit aussi Femme cousant dans un jardin par Mary Cassatt Mary © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Martine Beck-Coppola
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Au sein des fameux rassemblements de peintres à l’instar de Pont-Aven, Giverny, Barbizon ou Auvers-sur-Oise, les peintres américains découvrent la peinture de plein air et réinterprètent l’Impressionnisme. En 1872, Mary Cassat, artiste américaine, s’installe à Paris (ci-contre, Jeune fille au jardin, dite aussi Femme cousant dans un jardin par Mary Cassatt). Proche d’Edouard Manet et d’Edgar Degas, elle expose avec le groupe impressionniste.
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Profondément influencés par cette nouvelle manière de peindre, ces peintres américains en voyage vont fortement contribuer à la diffusion de l’Impressionnisme aux États-Unis. Ce mouvement réciproque d’influence culturelle se poursuit après la Première Guerre mondiale. Cela permet à la France de découvrir le cinéma et les acteurs américains ainsi que le jazz. Le succès de La Revue nègre à Paris témoigne de l’attraction grandissante qu’exerce la culture américaine en Europe et en France.
 
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André Breton à la fête foraine (titre factice), Anonyme © MuCEM, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le processus semble s’inverser. De nombreux artistes européens fuient la guerre et le nazisme et trouvent à la fois refuge et inspiration aux États-Unis. Certains artistes de l’avant-garde parisienne à l’instar de Breton, Chagall, Duchamp, Ernst ou Matta sont sauvés par Varian Fry du Comité américain. D’autres artistes comme Léger, Lipchitz, Mondrian ou Zadkine ne tardent pas à suivre le mouvement en rejoignant New-York.

Tous n’y vont pas pour les mêmes raisons et ne vivent pas non plus l’exil de la même façon. Ces artistes réfugiés viennent d’horizons différents. Cet éclectisme est à l’image du New-York de cette époque. La capitale est au cœur d’un brassage culturel très important où se côtoient des courants aussi riches et divers que le surréalisme, l’abstraction ou le be-bop.

Les surréalistes sont les seuls exilés à former un groupe cohérent. Ce sont également eux qui ont le mieux profité de ce séjour. Leurs échanges avec les artistes américains, notamment les grandes figures de l’expressionnisme abstrait comme Jackson Pollock, Mark Rothko ou Barnett Newman ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de l’art. Ils sont en train d’écrire l’art de demain de l’autre côté de l’Atlantique.
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Encore aujourd’hui, l’histoire artistique entre l’Europe et l'Amérique a de beaux jours devant elle. L’American Dream n’a pas fini de faire rêver les artistes du monde entier !
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Si vous souhaitez poursuivre le voyage… 
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Merci à tous d’avoir voyagé sur Air Grand Palais, nous espérons que ce tour du monde artistique vous a plu !
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