Découvre l'exposition "La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires"

À l'occasion du 50e anniversaire du premier homme sur la Lune, cette exposition retrace, dans un parcours d'œuvres imaginé par les commissaires, la relation que l’être humain a entretenu et entretient toujours avec la Lune.
15 avril 2019
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Depuis la nuit des temps, L'homme rêve de marcher sur le satellite naturel de la Terre : la Lune.
Ce rêve devient enfin réalité le 20 juillet 1969 avec la mission Apollo 11 de la Nasa: l’américain Neil Armstrong fait le premier pas sur la Lune. Ce fut un moment historique d’une très grande ampleur qui réunit à l’époque les téléspectateurs du monde entier.
Cet évènement est important pour les progrès technologiques qu’il représente. Il est aussi symbolique car il illustre le moment où l’homme dépasse les limites imposées par la nature. Il témoigne également des possibilités infinies que permettent les intelligences réunies au service de la réussite humaine.
50 ans plus tard, alors que l’homme a eu l’opportunité de la visiter 6 fois et de l’étudier, la Lune fascine toujours.

Image Nasa de la lune prise par la station internationale
La Lune dans sa phase gibbeuse juste au dessus du limbe de la Terre. Photo de la Nasa prise par  la Station Spatiale Internationale en orbite orbited, à 415 km au dessus de l'Océan atlantique Nord, juste au dessus de la côté Amérique-Canada, 25 avril 2019.


L’exposition nous interroge sur cette attirance :
-pourquoi fascine-t’elle et continue-t’elle à fasciner les hommes ?
-Comment les hommes de différentes époques et de différentes cultures imaginaient le voyage vers la Lune ?


L'exposition t'invite à laisser ton imagination vagabonder parmi de nombreuses œuvres et à comprendre les multiples histoires entre l’Homme et la Lune.

 

lune-icon  1. Voyage réel : Apollo 11

La mission Apollo est lancée par le président américain John Fitzgerald Kennedy (1917-1963) en 1961. Elle a pour objectif de poser un engin sur la Lune, d’y faire marcher des hommes pour la première fois et de rapporter des échantillons du sol lunaire.

L’un des enjeux de cette mission est de démontrer la supériorité des États-Unis sur l’URSS dans le domaine spatial.
La mission est devenue un enjeu politique dans le contexte de la guerre froide qui oppose, à l'époque, les deux pays.

Équipage d’Apollo 11
Équipage d’Apollo 11
De gauche à droite, 
Neil Armstrong (1930 - 2012), Michael Collins né en 1930 , et Buzz Aldrin né en 1930.
Crédit Photo: NASA
​​​​​
  • Pour mener à bien la mission, l'agence spatiale américaine, la NASA, lance plusieurs programmes spatiaux destinés à préparer l’expédition lunaire du 20 juillet 1969.
     
  • L’un des défis les plus difficiles de la mission Apollo 11 est d’assurer la survie des trois hommes, en leur permettant de respirer, manger, boire et dormir dans un environnement hostile à l’homme.
     
  • La nuit du 20 au 21 juillet 1969 marque un tournant historique lorsque Neil Armstrong pose le pied sur le sol lunaire et prononce les mots suivants : « C’est un petit pas pour un homme, mais un pas de géant pour l’humanité. »

 

 

 

Buzz Aldrin
Photo de l'astronaute Buzz Aldrin marchant sur la surface de la Lune 
Crédit Photo: NASA
L'astronaute Buzz Aldrin posant à coté du drapeau américain
L'astronaute Buzz Aldrin posant à coté du drapeau Américain 
Crédit Photo: NASA

 

 

  • Cet instant unique, vu à la télévision par des centaines de millions de personnes à travers le monde, apparaît comme le symbole de l’homme qui repousse ses propres limites. Buzz Aldrin immortalisa le moment en prenant l’une des plus célèbres photographies de la conquête spatiale : un cliché de l’empreinte de pas de Neil   Armstrong symbolisant la présence humaine sur la Lune.

vestige
Photo de l’empreinte de pas de l’astronaute Buzz Aldrin
Crédit Photo: NASA
Appareil photographique Hasselblad, 500 EL Electric Lunar Surface, 1968, réplique de l'instrument utilisé lors de la première mission lunaire © musée Nicéphore Niépce,
Appareil photographique Hasselblad, 500 EL Electric Lunar Surface,
1968, réplique de l'instrument utilisé lors de la première mission lunaire
© musée Nicéphore Niépce

 

 

  • Les missions secondaires des astronautes sur la lune consistaient à collecter des échantillons (des échantillons du sol et roches lunaires) destinés à la recherche scientifique, évaluer la capacité humaine à se déplacer sur la Lune, ainsi que prendre des photos de la surface lunaire tout en assurant en direct à la télévision le succès de la mission.

Le 21 juillet 1969, la sonde soviétique Luna 15, qui devait également rapporter des échantillons lunaires, s'écrase sur le sol lunaire, témoignant de l’échec des soviétiques face aux Américains dans la course à l'espace.


À l’issue de la mission Apollo 11, le président américain Richard Nixon (1913-1994) décida d’offrir à 135 pays du monde un fragment de Lune fixé sur une planchette vernie avec le drapeau du pays destinataire.

Aujourd’hui, tu peux encore trouver le fragment offert à la France au Palais de la Découverte, à Paris.

 

 


 

 

lune 2. Voyages imaginaires

Avant le voyage réel, écrivains, artistes, hommes de sciences ont imaginé des voyages vers la Lune et ses explorations.

  • À partir du 17e siècle, le voyage vers la Lune inspire les écrivains qui s’en servent comme sujet dans leurs récits. La plupart de ces récits s’apparentent à des fictions et sont pour la plupart écrits sous une forme pseudoscientifique. Les auteurs cherchent à faire partager des connaissances astronomiques et défendent leurs théories à travers la littérature.

L’homme dans la Lune ou le voyage chimérique
Francis Godwin (Hannington, 1562 – Hereford, 1633)
L’homme dans la Lune 
Paris, bibliothèque de l’Institut de France, 
© RMN-Grand Palais 
  • Au 18e siècle, Francis Godwin écrit le récit intitulé L’Homme dans la Lune : Domingo Gonsales, un explorateur espagnol, est contraint de s’exiler en Inde, à la suite d’un duel. Lors de son retour en Espagne, son bateau est attaqué par les Anglais, au large de Tenerif. Il s'échappe par les airs avec à sa machine volante tirée par des oies. Domingo atteint la Lune au bout de douze jours.

Une fois sur la Lune, il y découvre un monde utopique habité par des géants qui possèdent une culture totalement différente de celle de Terriens. L’auteur utilise ce récit pour vérifier les thèses scientifiques de l’époque.

Jules Verne  De la Terre à la Lune
Jules Verne (Nantes, 1828 – Amiens, 1905)
De la Terre à la Lune
Illustré par Henri de Montaut et François Pannemaker Paris, J. Hetzel, 1868,
Paris, Bibliothèque nationale de France, 
  • Au 19e siècle, Dans les deux romans, De la terre à la Lune et Autour de la Lune, publiés en 1865, Jules Vernes utilise un ton différent de celui de ses prédécesseurs. Il ne s’agit plus de satires utopiques mais de véritables récits de science-fiction. Il réduit la distance entre le réel et le fictif.


Le roman De la terre à la Lune va reprendre la méthode de Francis Godwin pour exposer des faits scientifiques sur la Lune mais en y ajoutant des éléments beaucoup plus rationnels. L’ouvrage est aussi une sorte de recueil de connaissances sur la Lune où divertissement et pédagogie s’entremêlent.
Les trois protagonistes de ce récit ne verront ni d’habitants monstrueux ni de villes étranges. Ils décrivent uniquement ce que nous voyons depuis la Terre, ce qui est connu des cartes et des premières photographies.

Ces différents types de récits permettent aux auteurs de divertir et d’instruire à la fois leurs lecteurs en imaginant toute sorte de stratagème pour arriver sur la Lune.

 

moon 3. La Lune observée


moonÀ L'ŒIL NU

L’homme observait la Lune directement à l’œil nu, avant l'invention des divers instruments optiques comme le télescope ou encore la lunette astronomique. 

  • Durant l’Antiquité, au 5e siècle avant J.-C, l’un des précurseurs dans ce domaine est le philosophe grec Anaxagore. Il atteste que la Lune est un astre de pierre, qui est en partie constitué de plaines et de gouffres. Il est condamné pour impiété et banni d’Athènes.
  • Au 16e siècle, William Gilbert (1544 – 1603) observe à son tour la Lune à l’œil nu et dessine ce qu’il voit. Il y découvre des tâches et des structures géologiques qu’il nomme Continent méridional, Île longue ou encore Île boréale.
     

Cette carte est la première carte de la Lune et fut éditée bien après sa mort.

 

William Gilbert (Colchester, 1544 – Londres, 1603) De Mundo Nostro Sublunari Philosophia 1651 Carte de la Lune  © Paris, Observatoire de Paris, Bibliothèque
William Gilbert (Colchester, 1544 – Londres, 1603)
De Mundo Nostro Sublunari Philosophia 1651
Carte de la Lune 
© Paris, Observatoire de Paris, Bibliothèque

 

  • Les musulmans observent la Lune à l’œil nu pour établir le calendrier lunaire annuel. Le  calendrier hégirien ou calendrier musulman est établi sur l'observation mensuelle de la nouvelle Lune. Mais d’un pays à l’autre cela entraîne des différences d’un pays à l’autre.
     
  • Le calendrier hégirien est calculé sur 12 mois de 29 à 30 jours chacun. Une année hégirienne compte entre 354 ou 355 jours. Cela correspond à environ 11 jours de différence avec notre calendrier solaire.
     
  • Aujourd’hui, le calendrier hégirien est utilisé uniquement pour calculer des dates des fêtes religieuses. C’est ainsi qu’est fixé le début du neuvième mois, le mois sacré du ramadan.

Les phases de la Lune

Une phase lunaire correspond à la partie de la Lune éclairée par le soleil que nous pouvons observer depuis la Terre. Un cycle lunaire est composé de huit phases lunaires étalées sur une durée de 29,5 jours que l'on appelle lunaison.
Comme tu as sûrement dû le remarquer, l'apparence de la Lune change chaque nuit.

Elle peut apparaître pleine, demi-pleine, ressembler à un croissant ou être complètement dans l'ombre. 
Ce phénomène s'explique par le fait que la Lune tourne autour de la Terre et que la Terre tourne autour du Soleil et de ce fait la Lune n'est pas toujours éclairée de la même manière par le Soleil. 
Observer les
phases lunaires  est très utile car elles permettent aux Hommes à se repérer dans le temps et d'indiquer l'amplitude des marées.

les phases de la lune

 


moonAU TÉLESCOPE ET CARTOGRAPHIÉE

Lunette de galilée
Reconstruction de la lunette de Galilée
D’après l’original du Museo Galileo, Florence
(Italie, vers 1610,)
Bois, verre, laiton, 33,5x125,
Paris, musée des Arts et Métiers,
© Musée des arts et métiers

L’invention du télescope, à la fin du 16e siècle, en Hollande, marque une étape importante.
 

En effet, les observations permises grâce à cet instrument vont totalement bouleverser la conception de l’univers.

  • Thomas Harriot (1560-1621) est le premier à retranscrire ses premières observations de la Lune. Il dessine la limite entre la partie éclairée et la partie dans l’ombre. Cela qui lui permet de démontrer que la Lune n’est pas une sphère lisse tachée, mais solide avec du relief.

 

  • Galileo Galilei dit «Galilée» (1564-1642) est le premier, en 1610, à publier ses observations de la Lune dans son célèbre ouvrage Sidereus Nuncius (Le Messager des étoiles). Il y décrit les montagnes de la Lune et estime leur hauteur à 6 000 mètres.

C’est la première fois que l’homme, grâce à un instrument, a pu prolonger ses perceptions de l’univers qui était jusque-là inaccessible à ses sens.

Galileo Galilei  Sidereus nuncius
 Galileo Galilei, dit "Galilée" (Pise, 1564 – Arcetri, 1642)
Sidereus nuncius 1610,
H. 21,3; L. 16,4; ép. 3 cm
Paris, Observatoire de Paris
© Paris, Observatoire de Paris, Bibliothèque

 

  • Les cartographes tels que Thomas Harriot ou encore l’astronome Hollandais Michael van Langren (1598-1675) baptisent tous ces lieux lunaires découverts à travers leurs instruments.
  • Ces astronomes utilisent une approche scientifique pour cartographier un monde qu’ils ne peuvent pas visiter…
  • Ils mélangent l’imaginaire et la science en y glissant quelques éléments personnels. Par exemple, en 1679 l’astronome savoyard Giovanni Domenico Cassini ou en français Jean-Dominique Cassini (1625-1712) dresse une carte de la Lune extrêmement précise, qui restera unique jusqu’à l’apparition de la photographie.
cassini
Dessins originaux des taches de la Lune, d’après les observations
de Jean Dominique Cassini, 1671-1679,
pierre noire, craie blanche sur papier bleu
© Paris, Observatoire de Paris

Mais cette rigueur n’empêchera pas une touche d’imagination. Il dessine une ligne en forme de cœur qui n’existe pas sur la Lune. Il retranscrit également une silhouette qui dans une certaine lumière, à un moment très court du cycle de la Lune, dessine le visage d’une femme. Cette forme s’observe encore aujourd’hui, ce qui montre que même dans une carte rigoureuse l’astronome peut faire preuve d’imagination.

lune prise au télescope
Paul Henry (Nancy, 1848 – Montrouge, 1905)Cliché pris au télescope, 1890
Paris, musée d’Orsay, © RMN-Grand Palais 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Au cours du 19e siècle, la photographie remplace la gravure. Elle ouvre la voie d’une nouvelle exploration beaucoup plus scientifique, laissant l’imaginaire et la poésie de côté mais ni l’inspiration et ni les surprises.

 

 

 

moon- lune4. Les trois visages de la Lune

 

moon- lune La Lune est changeante et versatile. Elle possède de nombreux visages.

Dans certaines croyances, elle prend un visage féminin. Elle apparaît douce et bienveillante.
Dans certaines cultures, elle est un simple outil. Elle sert à établir un calendrier.Dans certaines civilisations, elles est regardée comme l’astre des ténèbres.

Hécate entouré d'une ronde de jeunes filles dansant
Hécate entouré d'une ronde de jeunes filles dansant, 188 de l'ère de Sidon.
Marbre 75x28cm
Paris, musée du Louvre,
© RMN-Grand Palais
  
  • Dans la mythologie grecque, les phases changeantes de la Lune sont attribuées à Hécate, déesse de la Lune. C’est une déesse protectrice garante de la richesse, de la sagesse, de la fertilité, voire de la mort.

    Elle est souvent représentée avec trois visages relier à un seul corps.

    Ces trois visages représentent différentes phases de la Lune : Hécate, la nouvelle ou la Lune noire ; Séléné, la pleine Lune ; Artémis le croissant de Lune.

moon- lune La Lune caressante et bienveillante 

Effet de lune, dit aussi «Le Sommeil d’Endymion», tableau peint par Anne Louis Girodet (1767-1824) en 1791, illustre le mieux l’aspect de La Lune bienveillante et protectrice. Il représente le mythe d’Endymion et de Séléné la déesse lunaire et fille de Zeus.

Endymion. Effet de lune, dit aussi Le Sommeil d’Endymion, 1791
Anne Louis Girodet (Montargis, 1767 – Paris, 1824)
Endymion. Effet de lune, dit aussi Le Sommeil d’Endymion, 1791
Huile sur toile, H. 198; L. 261 cm
Paris, musée du Louvre,
Photo © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Angèle Dequier

 

 

  • La mythologie grecque évoque la beauté de Séléné et son visage éclatant de lumière. Elle est représentée coiffée d’une lune en forme de croissant retournée sur sa tête et vêtue d’une longue robe fluide et lumineuse.
     
  • Le côté bienveillant et protecteur de la Lune se retrouve parfois dans l’art chrétien catholique. Par exemple, le tableau Étude pour Sainte-Geneviève veillant sur Paris, peint vers 1898 par Pierre Cécile Puvis de Chavannes, illustre la face protectrice et bienveillante de la Lune.
    On peut y apercevoir sainte Geneviève veiller sur Paris et accompagnée de la Lune. Dans cette œuvre, sa lumière apparaît comme la métaphore de la sainteté et la bienveillance.

 

 

moon- luneAstre changeant

Également Gardienne du temps, de nombreux peuples et civilisations utilisent les changements de la Lune pour calculer le temps.
 

  • Par exemple, le peuple batak, en Indonésie, utilise le calendrier lunaire à des fins principalement divinatoires. Dans leur calendrier, une année commencée en mai avec le premier croissant de lune est composée de 12 mois de 30 jours chacun.

    Comme en Europe, les jours du mois sont nommés en fonction des sept planètes.

    La fonction de ce calendrier n’est pas uniquement le calcul du temps, mais aussi de déterminer le caractère bénéfique ou funeste d’une journée, dans le but de vérifier l’opportunité d’entreprendre ou pas une action.

    Dans un cas douteux, afin d’établir un diagnostic, ils faisaient appel à un sorcier, car entreprendre une action un jour néfaste pouvait engendrer selon eux de violentes répercussions.
Calendrier batak
Calendrier batak (Porhalá’an)
Sumatra, XXe siècle
Bois, bambou, corde,
Besançon, musée du Temps,
© musée du Temps, Pierre Guenat
Calendrier batak
Calendrier batak (Porhalá’an)
Sumatra, XXe siècle
Bois, bambou, corde,
Besançon, musée du Temps,
© musée du Temps, Pierre Guenat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • La Lune changeante était également l’exemple donné autrefois pour représenter l’inconstance des femmes, car elles étaient qualifiées d’instable ou encore de «lunatique».

Autre exemple, dans l’œuvre composée par Abraham Janssens (1575-1632) sobrement intitulé L’inconstance (1617) on voit une femme portant un croissant de lune et accompagnée d’un crabe également symbole d’inconstance, car il se déplace de façon irrégulière.

L’inconstance représente donc le caractère de la Lune et un trait de caractère attribué aux femmes.

 

moon- lune Face funèbre de la Lune 

Le troisième visage de la Lune est celui de l’astre des ténèbres.

 Angelo Caroselli -Scène de sorcellerie
Angelo Caroselli (Rome, 1585 – 1652)
Scène de sorcellerie, vers 1615 – 1620
Huile sur bois,  66x 61 cm
Paris, collection particulière
© Paris, Galerie Canesso

La Lune possède une facette beaucoup plus sombre assimilée au mal et aux ténèbres.

Le Christ au jardin des Oliviers, vers
Gustave Moreau (Paris, 1826 – Paris, 1898)
Le Christ au jardin des Oliviers, vers 1885
Huile sur toile, 80x 75 cm
Photo (C) RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda
  • Dans le tableau Scène de sorcellerie peint par Angelo Caroselli (1585-1653) en 1615, une femme jette par-dessus son épaule un regard effrayé sur une scène d’horreur, une vision. Il s’agit d’un rite sabbatique où de petits enfants non baptisés sont jetés dans une marmite. Ils entrent dans la composition d’un potion magique utilisées dans de nombreux sortilèges.
    La Lune, présente en haut à Gauche, supervise cette opération. Elle est la source des arts occultes, depuis l’Antiquité.

     
  • La mort est aussi une des facettes sombres de la Lune. Dans Le Christ au jardin des Oliviers, peint vers 1885 par Gustave Moreau (1826-1898), le Christ auréolé attend son arrestation au pied d’un olivier. La Lune qui se lève représente sa mort prochaine…

 

lune 4. La Lune est une personne

 Dans de nombreuses cultures, la Lune joue un rôle très important, le plus souvent elle prend la forme d’un être divin.

  • Elle joue un rôle dans le système de la formation de l'Univers, dans plusieurs civilisations, mais reçoit rarement un culte en tant que tel.
diane
Jean Antoine Houdon (1741-1828), Diane, 1790. sculpture en bronze. 2,06 x 0,90 m. Paris, musée du Louvre. Photo © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Pierre Philibert

moon- luneLa Lune, figure féminine

Bien que la Lune soit un astre visible aux yeux de tous, les hommes ont ressenti la nécessité de la personnifiée, le plus souvent sous les traits d’une femme.

Dans la Mythologie grecque, la Lune est personnifiée par Séléné (Diane dans la mythologie romaine), déesse de la Lune et de la chasse, sœur d’Apollon — de Mercure et de Vulcain dans la mythologie romaine.

chandra Inde du Nord
Statuette de Chandra (la Lune)
Inde du Nord, XIXe siècle
Bronze, 17 x 9,5 x 8 cm, 
Paris, Musée du Quai Branly,
Photo (C) musée du quai Branly 

moon- luneLa Lune, figure masculine

La Lune est aussi incarnée dans des figures masculines.

  • Pendant l’antiquité, en Mésopotamie, chez les Sumériens, elle est représentée par le dieu Nannar (Sîn chez les Babyloniens), dieu de la Lune et de la sagesse (apparaît dans les textes dès 3500 avant J.-C.).
     
  • En Inde, dans la mythologie Hindou, elle est Chandra,dieu de la Lune. Il est représenté la tête ornée d'un croissant de lune et préside la vie, la santé et l'opulence.

 

 

 

 

  • Dans la mythologie égyptienne la Lune est appelée Lâh, elle est une entité mâle incarnée par Thot (dieu lunaire). Il représenté en ibis au plumage blanc et noir ou en babouin hamadryas. Il était le « seigneur des paroles divines », le « scribe des dieux », il symbolise la Lune dont le parcours dans le ciel révèle d'une connaissance très précise des chiffres. Thot dressa alors le calendrier, divisa le temps, et présida à l'écriture de l'Histoire.
Le dieu Thot sous forme de
Le dieu Thot sous forme de babouin , 332 av J.C. - 30 ap J. C,
vers 1279-1213 avant J.-C.
Arget, faiance egyptienne, or, 15x5x5,6cm
Paris, musée du Louvre,
Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) 
Statuette du dieu-lune Khonsou
Statuette du dieu-lune Khonsou
1069-664 avant J. C.
Bronze, 18 cm
Paris, musée du Louvre,
Photo (C) Musée du Louvre,

Khonsou qui signifie «  voyageur » , est aussi un dieu Lunaire égyptien très ancien (Ancien Empire). Il est d’abord représenté avec une tête de faucon portant un disque lunaire, ou d’un crocodile à tête de faucon. Il est représenté, à partir du Nouvel Empire, en jeune homme momiforme coiffé d’une tresse sur le côté,. Il porte le disque lunaire sur un croissant de lune. Il peut se renouveler comme la Lune. Il est considéré comme un dieu guérisseur.

 

 

 

 

 

moon- luneLa lune dans les Croyances ancestrale d’Afrique centrale

En Afrique, et particulièrement en Afrique centrale, au Congo-Kinshasa (République Démocratique du Congo), la Lune est présente dans les croyances ancestrales. Elle est l’astre par excellence chéri par de nombreuses ethnies.
 

  • Chez les Kuba, elle est considérée comme ayant un pouvoir fécondant, qui passe par l’intermédiaire du Nyim (souverain). Cette relation étroite entre le roi Kuba et la Lune s’exprimait par des rites. Par exemple, au moment de la nouvelle lune, le Nyim se faisait invisible et ne pouvait pas sortir de sa demeure.
    Le nom du cimetière où reposaient les successeurs pré-désignés du roi témoigne aussi du lien étroit entre les souverains et l’astre lunaire puisqu’il était poétiquement appelé «Le repos de la Lune».
     
  • Chez les Yaka, la Lune est perçue comme un astre bénéfique et ambivalent. Certaines croyances précises étaient utilisées pour désigner les différentes phases du cycle lunaire :
    la Lune en croissant était appelée «musengo wa ngonda», la corne de la Lune ou encore « muloki udia, ngonda ifwa »  le sorcier la mange, la Lune se meurt, définissait la période décroissante de la Lune.

    L’apparition d’une lune rousse était perçue comme la matérialisation d’un accouplement entre le Soleil et la Lune. La pleine Lune dans sa couleur pâle, plus habituelle, était en étroite relation avec le kaolin (argile blanche). En effet les Yaka pensaient que pendant la journée, la Lune entreprenait un voyage souterrain durant lequel elle se couvrait de kaolin puis, lorsqu’elle réapparaissait dans le ciel, elle renforçait la vitalité et la fertilité des hommes comme des femmes.

 

Masque Kifwebe Iuba  « kwezi »
Masque Kifwebe Iuba  « kwezi »
Années 1900, Luba orientaux (RDC)
Bois (Ricinodendron sp.), pigments, H. 62; L. 50 cm
Tervuren, Royal Museum For Central Africa
© Photo R. Asselberghs MRAC Tervuren
  • Selon les croyances populaires Lubala Lune possède deux épouses.

    Dans sa forme croissante, jusqu’à la pleine lune, les Luba disent que le mari céleste ( la Lune ) est chez une de ses deux femmes qui est bonne cuisinière et prépare des plats gouteux … ce qui le fait grossir. En revanche, dans sa phase décroissante jusqu’à la nouvelle lune, l’infortuné époux vit chez sa seconde compagne, une mégère qui cuisine mal et qui le fait donc maigrir au point qu’il disparaît entièrement ce qui engendre selon les Luba décès et malheurs dans les villages.

 

D’autres récits, connus notamment chez les Luba centraux et méridionaux, mettent plutôt en avant le caractère bénéfique de Kwezi (la Lune) et son conflit avec Dyuba (le Soleil). Lors d’une dispute opposant les deux astres, pour sujet la supériorité de l’un sur l’autre, Dieu jugea et donna raison à la Lune. Astre nourricier, elle amène la pluie et favorise la fertilité et la fécondité des hommes, des bêtes et des plantes.
Le Soleil fut destitué au rang de vulgaire lumière ce qui le rendit furieux et jeta alors de la boue au visage de la Lune qui depuis émet une lueur plus pâle que celle du soleil.

 

Chez les Luba la réapparition de la pleine lune était considérée comme un jour de fête et donnait lieu à des cérémonies ainsi qu’à des rites.

À cette occasion, les Luba se recouvraient le visage de kaolin (mpemba), dont la couleur blanche renvoie à la lune et au monde des morts.

Ces rites visaient à attirer la bienveillance des esprits familiaux pour leur demander de protéger leurs descendants.

Durant les rites, les Luba arboraient des grands masques appelés souvent kifwebé, de forme circulaire, qui avaient pour fonction de neutraliser la magie noire et de démasquer les sorciers présents dans les villages.

 

lune-icon  5. Une invitation à la beauté

Objet d’inspiration pour de nombreux artistes, La Lune leur permet d’offrir une expérience plus intime à leur public, à travers l’art.

Nuit de clair de lune sur le Dniepr,
Arkhip I. Kouindji (Marioupol, 1841 – Saint-Pétersbourg, 1910)
Nuit de clair de lune sur le Dniepr, 1882
Huile sur toile,104x143 cm
Moscou, Galerie Tretiakov,

 

  • Ils représentent le clair de lune de la manière la plus poétique possible.

    Pour les peintres, sa clarté est d’une grande richesse, car elle permet d’explorer des jeux de lumière très intéressants, et donne à leurs représentations une atmosphère resplendissante.

    Ainsi, le tableau La Nuit de clair de lune sur le Dniepr du peintre russe Arkhip Kuindzhi (1842-1910), rencontre un franc succès dès sa première exposition en 1880.
    À l’époque, le tableau émerveille les visiteurs qui cherchent à voir si une lumière éclaire le tableau de l’arrière ou soupçonnent le peintre d’avoir utilisé de la peinture phosphorescente.
Édouard Manet  - Clair de lune sur le port de Boulogne
 Édouard Manet (Paris, 1832 – Paris, 1883)
Clair de lune sur le port de Boulogne, 1869
Huile sur toile, 812x101 cm
Paris, musée d’Orsay,
Photo © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
  • L’aspect poétique de la Lune est également bien illustré dans le tableau du peintre français  Édouard Manet (1832-1883) intitulé Clair de lune sur le port de Boulogne, peint en 1868 à Boulogne-sur-Mer.

    Dans ce tableau, le peintre manie à la perfection les différentes teintes de noire et les couleurs sombres, ce qui laisse transparaitre la magie de la nuit.


    Seule la Lune et les coiffes blanches des femmes sont distinguables sur le tableau ce qui donne un aspect à la fois poétique et fantastique

 

 

 

 

 

 

 


La Lune représente toute l’histoire de l’humanité et appartient à tous les peuples. Elle est l’objet de nombreuses croyances, légendes et superstitions à travers l’histoire. Comprendre la Lune c’est aussi comprendre l’histoire de nombreuses civilisations.
Selon les cultures, elle est perçue soit comme une divinité, une gardienne protectrice des hommes, un outil pour établir le calendrier ou simple satellite, fille de la terre.
La Lune est à la fois proche et en même temps lointaine des hommes, elle ne cesse de fasciner par son côté mystérieux.
Au fil du temps, les moyens d’observation se sont modernisés et ont permis d’étudier la Lune de plus près et de manière plus scientifique. Même si aujourd’hui la majorité des civilisations ne perçoivent plus la Lune comme une entité divine, elle ne cesse de nous étonner et de nous émerveiller.


 

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