Disponible en DVD : un portrait attachant de Lucien Clergue dans le film "Clic Clac Clergue"

En parallèle de l'exposition "Lucien Clergue, Premiers albums" au Grand Palais découvrez un beau documentaire sur le photographe. Maintenant disponible en DVD, sur notre boutique en ligne et en librairies.

26 novembre 2015
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Rencontre avec le réalisateur Bernard Gille qui a bien connu Lucien Clergue, lui aussi originaire d’Arles et qu’il considère comme son père spirituel. Il nous parle de sa rencontre avec Lucien Clergue et comment il a contribué à faire d’Arles LA ville de la photographie, comme l’est Avignon pour le théâtre.

 
LE GRAND PALAIS : Lucien Clergue, c’est une rencontre essentielle pour vous ?
Ma première rencontre avec Lucien Clergue remonte à l’été 1972, j’allais entrer aux Beaux-Arts de Liège et j’hésitais entre peinture et photographie. Lucien m’a accordé quelques heures de son temps pour répondre à mes interrogations, il était lumineux de générosité. Finalement il m’a dit avec son accent arlésien : « Photographier, c’est peindre avec la lumière. Coquin de sort ! »… J’avais 20 ans, Lucien Clergue en avait 48, c’était déjà un photographe reconnu et il m’a parlé comme un père à un fils. Lucien Clergue m’a initié et transmis sa passion pour la Photographie. 10 ans plus tard en 1982, je quitte définitivement la Belgique pour Arles et deviens l’assistant de Lucien Clergue, le Directeur artistique des Rencontres d’Arles. Des projets audacieux avec l’agence Magnum…en 2006, 25 ans plus tard, grâce à des amis arlésiens comme Loïc PICARD, Jean-Pierre PINOTEAU,… l’idée germe de réaliser un film et de m’en confier la réalisation, ce sera « Lucien CLERGUE, né photographe » qui donnera l’idée à France 5 de me confier la réalisation d’un film documentaire de 52’ « CLIC CLAC CLERGUE ». Ce film est un témoignage d’affection à ce photographe inspiré, visionnaire arlésien, père spirituel génial, un être humain généreux.
 
Photographie Lucien Clergue et Bernard Gille © Daniel BOUNIAS
LE GRAND PALAIS : qu’est-ce qui fait d’Arles la ville de la photographie ? Cette ville est un véritable lieu de parole de la photo.

Au-delà de son œuvre de photographe et de cinéaste, le coup de génie de Lucien Clergue avec quelques amis fabuleux comme Jean-Maurice Rouquette, Michel Tournier, Jean-Claude Gautrand…, a été de créer la première collection française de photographies au Musée Réattu et dans la foulée, les Rencontres Internationales de la Photographie en 1969.
De cette dynamique est née à Arles, l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie, SUPINFOCOM, MOPA aujourd’hui, un IUT, une filière d’industries culturelles, la Fondation Van Gogh et bientôt la Fondation Luma… Lucien a réalisé une œuvre d’aménageur du territoire, il a fait de sa ville d’Arles, le centre du monde de la Photographie. Son génie visionnaire, sa générosité légendaire, ses colères homériques, ses coups d’archet faisaient de lui un personnage très attachant. Si Arles est en train de connaître une Renaissance et devenir une ville phare de la culture, une ville du sud de l’Europe,,, ouverte sur la Méditerranée, Lucien CLERGUE en avait rêvé. 45 ans de Rencontres Internationales de la Photographie et une qualité de lumière qui a fait dire à Vincent Van Gogh « Les ateliers de l’avenir seront à Arles .»
 
LE GRAND PALAIS : la photographe est pour vous, un art ou un engagement ?
La Photographie que j’aime allie le fond et la forme, l’éthique et l’esthétique, c’est un cri dont la beauté touche les étoiles et capable de réconcilier vérité avec humanité.   
 
LE GRAND PALAIS : quelle est votre photographie préférée de Lucien Clergue ?
J’aime beaucoup La grande Récréation, un poème photographique, cette série d’enfants en arlequin et ballerine dans les ruines d’Arles bombardée me bouleverse. Picasso s’en inspirera et Cocteau écrira : « Les photographies de Lucien Clergue sont les carnets de croquis du bon Dieu. ».
J’aime infiniment ses images de la Camargue  sur les 4 éléments, ce sont de véritables estampes, un travail de peintre. Une autre de ses images me hante, c’est une photographie prise du haut de l’Abbaye de Montmajour. On voit en plongée, des tombes de moines et on pense aux pas d’une géante faucheuse, hallucinant vertige de la mort. Il me faudrait parler aussi de ses films, de ses livres, de ses expositions ; Lucien était un bosseur de folie, il travaillait 24h sur 24. Il nous laisse une œuvre très importante. Je suis heureux d’avoir été son assistant et fier d’être un de ses fils spirituels.




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