Fascinants cubes de Manfred Mohr au Grand Palais !

Chaque semaine nous vous présentons une oeuvre de l'expo Artistes & Robots. Découvrez Cubic Limit, l'oeuvre très cartésienne de Manfred Mohr !
5 juillet 2018
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Manfred Mohr place les algorithmes, la géométrie et les mathématiques au coeur de sa pratique artistique. Prises comme point de départ, les mathématiques sont transcendées pour devenir une partition combinatoire évolutive où chaque forme tracée émerge à partir de celle qui l’a précédée. 

Pionnier de l’art génératif et informatique, Manfred Mohr (1938, Pforzheim, Allemagne) commence sa carrière artistique sous l’influence de l’expressionnisme abstrait. Mais la découverte de la pensée du philosophe allemand Max Bense sur l’esthétique de l’information et le travail du compositeur français Pierre Barbaud sur la musique générée par ordinateur vont changer radicalement son approche. Il se tourne alors vers la géométrie et les algorithmes et, en 1969, commence à réaliser ses premiers dessins par ordinateur avec un traceur à l’Institut de météorologie de Paris, où il vit à l’époque.

Depuis, Mohr travaille exclusivement par ordinateur, développant des algorithmes qui donnent forme à ses idées visuelles. Son motif principal est l’hypercube, un cube de plus de trois dimensions, qui peut seulement être partiellement représenté dans un espace bidimensionnel. En 1971, l’exposition Computer Graphics, une esthétique programmée au Musée d’art moderne de la Ville de Paris devient la première exposition monographique d’art informatique dans un musée.

Présenté dans l'expo Artistes & Robots, Cubic Limit a été présenté lors de son exposition Computer Graphics en 1971, où Mohr était invité par la Compagnie générale de micromatique à expérimenter leur nouvelle machine graphique. Ce film est le premier travail où Mohr utilise le cube comme un alphabet pour « écrire » une série de signes visuels abstraits. Chaque élément cubique apparaît dans une grille, produisant une image en mouvement d’un cube en rotation. Un cube est divisé horizontalement en deux parties par l’un des plans cartésiens. Pour chaque image, les deux partitions contiennent des rotations indépendantes d’un cube qui sont projetées en deux dimensions et rognées par une fenêtre carrée. En faisant tourner les deux partitions du cube par de petits mais différents incréments, Cubic Limit crée de nouvelles relations visuelles en fracturant la symétrie du cube. Chaque image du film a été dessinée en haute résolution par un faisceau lumineux directement depuis un ordinateur sur un film 16 mm. L’artiste présente également dans l'exposition Artistes & Robots l'oeuvre P-200-E, une série de 46 dessins réalisés avec un traceur qui interroge la structure du cube.

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