Hergé, fin portraitiste

4 novembre 2016
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"Plus ou moins volontairement, je me suis « mis » dans mes héros, dans Tintin surtout [qui m’offre une image parfaite, trop parfaite de ce que je voudrais être] mais même aussi dans les Dupond et Dupont [qui sont ce que je suis parfois et que je voudrais ne pas être]... Quel est celui de tous mes personnages que je préfère ?... Je crois bien que c’est le capitaine Haddock. Il a tellement de défauts que je le reconnais presque comme un ami intime, comme un frère, comme un second moi-même". Hergé à R.P. Etienne Ascacibar, le 6 mars 1963

Les Aventures de Tintin Les Bijoux de la Castafiore crayonné de la planche 9, 1962, © Hergé / Moulinsart 2016


Les planches crayonnées témoignent de la grande maîtrise d’Hergé de l’art du portrait. Il se concentre sur ses personnages et son coup de crayon devient magique. C’est en examinant, de près ou de loin, les portraits réalisés par Hergé que l’on se rend compte à quel point il dessine bien. Sa sensibilité, son feeling, son expertise du genre font merveille. Il observe et reproduit, souvent d’après nature (les autres posent pour lui), et le résultat est magistral. Si la bande dessinée fut longtemps considérée comme un art mineur, ce sont des personnalités comme Hergé qui ont fait en sorte de la propulser vers des sommets artistiques inégalés. Certains croquis à la mine de plomb du capitaine Haddock, de Tintin ou de Tournesol, par exemple, nous renvoient, par leur complexité, leur turbulence savante, leur justesse de ton, à des exercices de style qui n’ont rien à envier à Dürer, Holbein, Vinci ou Ingres...
 
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