Hokusai, le "Fou de dessin"

Hokusai, qui se désignait lui-même comme le "Fou de dessin", a laissé des milliers de travaux derrière lui...
1 octobre 2014
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Sylvie Blin
Katsushika Hokusai, Carnet de croquis divers de Hokusai, Ère Bunka, an XI (janvier 1814), Fascicule de modèles de dessins, Japon, collection particulière


« Encore cinq ans de plus, et je serais devenu un grand artiste »
: à l'âge respectable de 89 ans, le grand Hokusaï (1760-1849) ne se considérait donc pas encore comme un peintre accompli, et regrettait de mourir trop tôt pour y parvenir !
Cette leçon de modestie, bien que difficilement vérifiable, en dit long sur la personnalité de l'artiste: le « Fou de dessin », comme il se désignait lui-même, avait sans conteste beaucoup d'humour, comme en témoigne nombre de ses estampes. Adopté par un couple d'artisans vers l'âge de 3 ou 4 ans (on ne sait rien de ses parents « naturels »), Hokusaï apprit l'art de la gravure, puis celui de l'Ukiyo-e, ces « images du monde flottant », à Edo, ancien nom de Tokyo et capitale de l'Empire du Soleil levant.

Artiste populaire, ignoré – voire dédaigné – de l'aristocratie nippone, Hokusaï aura connu la pauvreté et le succès tout au long d'une carrière divisée en six grandes périodes, selon les évolutions de son art et les différents noms qu'il adopta. D'abord portraitiste d'acteurs sous le nom de Shunrô, il acquiert son indépendance stylistique dans les années 1790 et adopte le nom d'Hokusaï (« atelier du Nord ») en 1799 : sa réputation grandit et ses illustrations de romans rencontrent un important succès. Les années 1830 sont considérées comme l'apogée de sa carrière, et les plus prolifiques: il publie de nombreuses séries dont les fameuses Vues du mont Fuji.
Mais après l'incendie de son atelier en 1839, il se désintéresse de l'estampe et se consacre essentiellement à la peinture. A sa mort, on dénombre des milliers de dessins  – 30 000 selon certains - signés de sa main.

Sylvie Blin
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