La galaxie Amadeo

Apprenez à connaître un peu mieux "le secret le mieux gardé de l'art moderne". L'artiste portugais Amadeo de Souza-Cordoso est au Grand Palais jusqu'au 18 juillet 2016.
14 juin 2016
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Mélissa Lacoste
Vue de l’exposition, scénographie Atelier Jodar Architecture © Photo Didier Plowy pour la Rmn-Grand Palais
Amadeo apparaît comme un artiste très sociable, qui fréquente plusieurs cercles artistiques, entretenant des correspondances fournies. À son arrivée à Paris, il évolue dans un cercle d'amis portugais, intellectuels, artistes et médecins, comme Eduardo Vianna, Domingos Rebelo, Manuel Bentes ou Emmerico Nunes.  Il passera l'essentiel de son temps avec eux avant de s'en détacher pour finalement écrire en 1912 à son oncle : « Je ne sais ce que sont devenus nos jeunes portugais ; il y a très longtemps que je ne les fréquente pas. ».
Il s'entoure alors de nouveaux artistes comme Amedeo Modigliani, Diego Rivera ou Constantin Brancusi avec lesquels il partage d'avantage sur le plan artistique et intellectuel. La rencontre avec Modigliani, autour de 1909, se fait certainement par l'entremise d'un ami commun. Les deux Amadeo deviennent très intimes, s'encourageant mutuellement dans leurs créations. Ils montent une exposition commune dans l'atelier de Souza Cardoso rue du Colonel-Combes, au quai d'Orsay, réunissant ses dessins et ses aquarelles et les sculptures de Modigliani. La fille de celui-ci décrit en ces termes leur influence commune : « Parler, dans ce cas, d'imitation de la part de l'un des deux serait absurde. Cardoso a été pour Modigliani non seulement son seul ami intime de cette période, mais le seul vrai compagnon de travail de toute sa vie artistique. […] Quand, en 1918, arriva à Paris la nouvelle qu'Amadeo de Souza Cardoso était mort à trente ans de la grippe espagnole, Modigliani pleura comme un enfant ».

L'autre élément décisif pour le peintre est sa rencontre avec Robert et Sonia Delaunay en 1911 lorsque Amadeo se présente spontanément à leur domicile en disant « Je suis le peintre portugais Amadeo de Souza Cardoso ». De cet épisode cocasse naîtra une grande amitié et permettra au jeune homme d'intégrer les cercles littéraires animés par les Delaunay regroupant intellectuels, poètes, écrivains, peintres, sculpteurs... Quand Amadeo quitte Paris en 1914, il entretient une correspondance fournie avec les Delaunay qui perdurera à leur installation au Portugal en 1915 autour d'un projet artistique, « la Corporation nouvelle ». La rencontre avec le critique d'art international Walter Pach chez les Brunelleschi donne un tournant international à la carrière d'Amadeo puisque c'est grâce à lui que l'artiste participe à l'exposition internationale d'art moderne de New-York avec huit œuvres qui seront toutes achetées ; stimulant ainsi Amadeo et ouvrant une période de  grande productivité.


Retrouvez la "constellation" Amadeo de Souza-Cardoso réalisée par Les Surgissantes à l'occasion de l'exposition

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