La récupération dans l'art haïtien

Brillante d'imagination, la création haïtienne excelle pour insuffler une seconde vie à un objet ou conférer un nouveau sens à une image.
26 novembre 2014
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Marion Mirande
Atelier-boutique Grand Rue



Guyodo, Sans titre, 2012 © Josué Azor
Ayant fait sien l'art de la récupération, elle est parvenue à développer une plasticité à partir d'éléments de son quotidien, détournés intentionnellement ou utilisés pour palier l'absence de moyens matériels.
Avec des conditions de production qui leur sont propres, les oeuvres alimentent une imagerie connue de tous, en perpétuelle transformation. Il en est ainsi de l'utilisation faite des chromolithographies de saints catholiques. Mêlant iconographie païenne vaudou et chrétienne, elles inspirent des artistes tels David Boyer, qui en les reconfectionnant avec de multiples débris et en les parant de tessons et miroirs, font de la récupération une technique à part entière.




















Le saint est repensé et transformé, à l'instar des divinités issues des recyclages pratiqués par André Eugène et Guyodo, artistes de la Grand-Rue. Constituées de divers objets tels des pneus, des boites de conserves ou de morceaux de bois, leurs créations renvoient à celles d'une figure majeure de l'art contemporain haïtien, Mario Benjamin. Chez ce dernier, tout comme chez Nasson, la conscience de la pauvreté et la volonté de lui résister, sont au coeur de ses sculptures, créées à partir de matériaux usités.

Retrouvez l'interview de Guyodo réalisée à l'occasion de l'exposition

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