La Sainte-Victoire

La montagne Sainte-Victoire est le motif cézannien par excellence, celui dont le peintre a fait son thème de prédilection.
25 septembre 2013
|
Sylvie Blin, journaliste et historienne de l'art
La Montagne Sainte-Victoire de Paul Cézanne © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Le nom de la montagne Sainte-Victoire est indéfectiblement lié à l'œuvre de Paul Cézanne. Il n'est certes pas le premier à peindre le célèbre motif, mais assurément celui qui en a le plus souvent reproduit la silhouette. Tableaux, dessins, aquarelles: on dénombre plus de soixante œuvres de l'artiste sur ce thème.

Dès la fin des années 1870, Cézanne reprend plusieurs fois le motif de cette montagne, située à l'est de la ville d'Aix-en-Provence. D'abord vue de loin, elle domine, massive et minérale, la vallée verdoyante et ses champs cultivés. Sa silhouette conique est un motif idéal pour le peintre, qui veut traiter la nature en formes géométriques, pour mieux en restituer la parfaite harmonie. La touche s'est allégée, la lumière est transparente, la composition solidement agencée. Comme si Cézanne n'osait encore approcher ce motif qui va l'obséder jusqu'à la fin de sa vie.

De 1902 jusqu'à sa mort en 1906, il revient à la Sainte-Victoire pour peindre une nouvelle série de toiles, mais en changeant de point de vue. Maurice Denis a immortalisé l'un de ces moments avec « Visite à Cézanne » ou « Cézanne peignant dans la campagne ». Une manière d'approcher, ou plus exactement de contourner le motif cézannien. Car après le maître d'Aix, peu d'artistes se risqueront à peindre la Sainte-Victoire, préférant sans doute éviter la comparaison avec leur aîné. André Masson est l'un des rares à l'avoir choisie comme thème d'une variation très libre et quasi abstraite. Picasso quant à lui rend un hommage discret à Cézanne en s'installant sur le versant nord de cette « montagne magique », au château de Vauvenargues. Mais la demeure du peintre catalan, plus enclin à peindre la figure humaine ou la nature morte que le paysage, tournait le dos à la majestueuse Sainte-Victoire.
Mots-clés
A lire aussi

C'est le printemps avec l'exposition Jardins!

Vidéo - 24 février 2017
Du délicat brin d'herbe de Dürer, au ciel lumineux de Fragonard, en passant par « le jardin planétaire » de Gilles Clément : c’est le printemps au Grand Palais !
Tout le magazine