L'antiquité égyptienne

27 décembre 2007
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Histoire de l’Art Egyptien d’après les monuments (1868-1877), Achilles Prisse d’Avennes © Photo RMN - Les frères Chuzeville

La civilisation égyptienne
L’Egypte proprement dite se limite à la basse vallée du Nil, oasis constituée par la crue annuelle du fleuve. Cette vaste terre, initialement marécageuse (papyrus et roseaux), fut baptisée « Kemet » (la Noire), en référence au limon noir déposé par le fleuve. Progressivement aménagée en terrasses alluviales, elle devint le berceau de l’une des plus grandes civilisations de l’Antiquité et s’étendit, selon les époques, de la Palestine à la Basse-Nubie. L’identité de la civilisation égyptienne repose essentiellement sur le système de gouvernement centralisé qu’elle adopta très vite pour faire face aux phénomènes de crue du Nil. Le pharaon assurait la conduite du pays : chef des armées, premier magistrat et prêtre suprême, il était écouté et vénéré en qualité de successeur d’Horus, le dieu Faucon. Sa mission essentielle consistait à maintenir l’équilibre et l’harmonie du pays selon les préceptes de Maât (la déesse de l’ordre), tout en veillant à satisfaire l’ensemble des divinités.

Un art de la sacralisation
Dans ce cadre, l’art était toujours au service d’une transcendance, politique, religieuse ou sociale. Il servait principalement les croyances et les rites, et permettait d’établir le dialogue avec les forces divines. Fonctionnant comme un véritable intercesseur, strictement codifié, il répondait à des règles ancestrales qui visaient à assurer l’efficience (« menekh ») des œuvres. Chez les Egyptiens, en effet, les œuvres revêtaient toujours une signification et un rôle très précis. Le plus souvent, elles avaient des fonctions magiques et pouvaient agir comme des substituts d’êtres humains ou divins. Animées d’une force vitale, les effigies sacrées notamment avaient le pouvoir de communiquer avec les dieux. Souvent aussi, les créations artistiques participaient à la structuration de la société, en contribuant à la sacralisation du politique - monumentalité des effigies royales, célébration des exploits guerriers du pharaon -, et à la glorification du sacré - splendeur de l’architecture religieuse, faste des décors des temples.

Une esthétique tendue vers l’éternité
Avant tout fonctionnel, l’art égyptien est extrêmement lisible. Il se caractérise par des formes simples, des couleurs généralement appliquées en aplat, l’utilisation d’un vocabulaire symbolique normé, des postures efficaces (combinaisons face - profil) et des jeux d’échelles significatifs (hauteur des personnages proportionnelle à leur importance). Bien que la civilisation égyptienne s’étende sur plus de 3 000 ans qui voient la succession de plusieurs périodes, des temps thinites (de 3 150 av. J.-C. à 2 700 av. J.-C) à la période romaine et byzantine (de 31 av. J.-C à 668 apr. J.-C.) en passant par la grande phase des Empires (Haut, Moyen et Nouvel Empire), l’art qu’elle produisit connut relativement peu d’évolution. C’est que, profondément ancré dans sa tradition fondatrice, il ne se départit pas de ses fonctions originelles, qui limitaient son autonomie et favorisaient une certaine pérennité des formes, en accord avec son désir d’éternité.



 

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