Le passage du temps

Les jardins, aussi beaux soient-ils, ne durent pas éternellement : comment représenter dans l’image fixe, qu’elle soit peinte, dessinée ou photographique, les effets du passage du temps ? Coline Zellal, commissaire de l'expo Jardins au Grand Palais, s'est penchée sur la question.
17 mai 2017
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Coline Zellal
En 1982, la Charte de Florence donne une définition du jardin historique : il est  « une composition d'architecture dont le matériau est principalement végétal donc vivant, et comme tel périssable et renouvelable ».
Dans ce contexte, la question de la représentation s’avère essentielle. Comment représenter dans l’image fixe, qu’elle soit peinte, dessinée ou photographique, les effets du passage du temps ?  
 
Par nature changeants et éphémères, les jardins sont irrémédiablement soumis au rythme des saisons. Ainsi, Edouard Vuillard, dans son Jardin hivernal au paon, donne à voir un terrain d’une grande rudesse, réduit à un carré de terre et à quelques branches laissées nues après le passage du printemps.


Helen Allingham, A bit of Autumn Border © The Royal Watercolour Society, London
Jean-Edouard Vuillard, Le Jardin hivernal au paon © Rmn-Grand Palais (musée d'Orsay) / Thierry Ollivier



Au-delà des aléas climatiques, la vie des jardins dépend aussi des soins qu’on leur porte. Au début du XXe siècle, Eugène Atget photographie le parc de Sceaux, alors laissé à l’abandon. Dans ses images, d’une grande poésie, les contours du jardin s’effacent et les sculptures se perdent dans une nature qui, progressivement, reprend ses droits. Les végétaux, symboles de croissance et de vie, deviennent alors l’incarnation d’une très profonde mélancolie.   
 
Véritables monuments vivants, les jardins constituent un patrimoine fragile. L’exposition entend mettre en lumière les différents versants de la vie des jardins, de la naissance jusqu’à la menace, toujours présente, de la disparition. 

 
Exposition Jardins
Grand Palais, jusqu'au 24 juillet 2017

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