Mais qui est la Lune ?

Séléné, Luna, Diane, Chandra, Soma, Khonsou, Thot, Tanit... tous les visages de la Lune vous attendent au Grand Palais !
5 juillet 2019
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Bien que la Lune soit un phénomène universellement visible, les hommes ont ressenti la nécessité de lui donner corps : un dialogue devient ainsi possible avec cette entité à la fois lointaine et proche. Le plus souvent femme, elle est parfois incarnée par un homme. Lorsqu’elle est divinisée, elle prend sa place dans une cosmogonie, mais reçoit rarement un culte en tant que telle. Depuis très longtemps les hommes ont en effet observé qu’elle ne produit pas sa propre lumière mais reflète celle du soleil.  Elle prête aussi le symbole de son croissant à l’Immaculée Conception et à la Reine de la Nuit.

Houdon, Diane, Musée du Louvre
Jean-Antoine Houdon, Diane, 1790, Photo © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Pierre Philibert

Dans les civilisations anciennes du Proche Orient et du bassin méditerranéen, la Lune fait partie des figures essentielles du Panthéon.  En Mésopotamie (Irak), dès le IIIe millénaire av. JC., elle s’incarne dans la figure masculine de Nanna, appelée Sin à partir de l’époque akkadienne (22e siècle av. JC). Il vogue chaque nuit au-dessus du monde terrestre sur une barque et fait obstacle aux forces ténébreuses. 

Dans le monde gréco-romain en revanche, l’astre lunaire prend l’apparence d’une figure féminine: elle est Séléné, fille du Titan Hypérion et de Theia, sœur d’Hélios (le Soleil) et d’Eos (la rosée du matin). Elle parcourt chaque nuit le ciel sur un char d’argent, succédant à Hélios, qui effectue la même traversée au cours de la journée. À chaque éclipse, les Grecs pensent qu’elle a été mangée par un dragon.

Les Romains l’appellent Diane (ci-contre à gauche) et l’assimilent rapidement à une ancienne divinité, Luna, qui a donné son nom à la Lune et au premier jour de la semaine.

Chandra
Statuette de Chandra, seconde moitié du XIXe siècle, Photo © musée du quai Branly - Jacques Chirac, Dist. RMN-Grand Palais / image musée du quai Branly - Jacques Chirac

On retrouve dans l’hindouisme le principe de la personnification aux visages multiples. La Lune y est incarnée par un dieu à l’apparence d’un jeune homme appelé Chandra (le lumineux, ci-contre à droite) ou Nishadipati (Seigneur de la Nuit). Tenant une massue et une fleur de lotus, il est coiffé d’un croissant de Lune. Chaque nuit, il traverse le ciel sur un char tiré par dix chevaux blancs. Il est progressivement assimilé à Soma, dieu qui personnifie une plante et un breuvage rituel offert en libation, dont le pouvoir enivrant favorise l’inspiration poétique, redonne du courage et guérit les maladies.

Dans le christianisme, le Soleil et la Lune sont créés le 4e jour de la Genèse. Plusieurs passages de la Bible comparent le Christ à la lumière solaire: sa venue est annoncée comme la visite du Soleil levant et la lumière pour éclairer les nations. La Lune, elle, est associée à Marie. 

 

Venez découvrir tous les visages de la Lune

au Grand Palais jusqu'au 22 juillet 2019 ! 

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