Man Ray et Ali Mahdavi

17 novembre 2020
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Ali Mahdavi
Photo Ali Mahdavi

Il est difficile pour moi de résumer en peu de mots l’importance que Man Ray a exercé dans mon travail ainsi que dans ma manière d’être en tant qu’artiste. Je dirais qu’il y a plusieurs facettes qui ont toutes leurs raisons d’être.

Son audace dans l’expérimentation, sa curiosité et la certitude que rien n’est impossible et qu’il faut tout essayer avant de se censurer pour quelque raison que ce soit. Son lien à l’inconscient, au sens Freudien du terme. Les travaux de Freud sont à la base même de l’expression des surréalistes. L’inconscient comme un trésor, une source inépuisable de créativité. Comme lui, je me nourris de mes rêves sous toutes leurs formes pour créer. Le dessin comme base de création et mise en place des idées. Avant de passer à la photographie et à la mise en scène j’ai commencé par le dessin dès l’âge de 3 ans. Le dessin est la pratique la plus noble et la plus importante de toutes les disciplines que j’exerce ; c’est l’origine de toute forme d’expression visuelle y compris le film et la photographie.

Dans toute cette création illimitée et débridée, il y a chez Man Ray une rigueur presque géométrique, une symétrie, des contrastes, une organisation  qui donnent le sens et créent l’œuvre d’art. L’explosion créatrice est indispensable mais il faut être capable de l’organiser et de la restituer de manière ordonnée pour la partager. Cet ordre dans la folie nous rapproche terriblement.

Man Ray est le premier à avoir cassé la hiérarchie entre les différentes expressions de formes artistiques ; il n’y a plus d’un côté, ce qui est communément qualifié d’art noble : la peinture, la sculpture, les plasticiens....  et de l'autre, les arts dits appliqués, comme si ils étaient secondaires ou moins élevés : la photographie, la mode, le cinéma et le design.... Etre convaincu du contraire relève du snobisme.

Man Ray a ouvert une porte, il restera un artiste majeur, inclassable, intemporel et donc toujours d’actualité.

Ali Mahdavi, artiste et photographe

 

Ali Mahdavi par Karl Lagerfeld
Photo Karl Lagerfeld 

Né à Téhéran en 1974, Ali Mahdavi est un artiste pluriel, tantôt plasticien, photographe, directeur artistique et réalisateur. Il vit et travaille à Paris. Fuyant l’Iran, sa famille s’installe en France en 1981. C’est ainsi à Paris qu’Ali Mahdavi s’oriente vers des études d’art qu’il effectue à l’Ecole Boulle, aux Beaux-Arts de Paris, d’où il sort avec les félicitations du jury à l’unanimité et au Royal College of Art de Londres. Repéré à 26 ans pour son travail de plasticien et photographe, il commence à travailler pour de prestigieux magazines et maisons de mode. Vogue, Haper’s Bazaar, Elle, Cartier, Balmain, Thierry Mulger, Christian Louboutin… Ali Mahdavi s’impose comme l’ambassadeur du glamour. Ses jeux de lumière révèlent une beauté exubérante et mystérieuse, inspirée de l’éclat hollywoodien du milieu du 20ème siècle. En 2009, il devient directeur artistique de la revue Désirs au Crazy Horse aux côtés du chorégraphe Philippe Découflé. Des arts plastiques en passant par la réalisation, la photographie ou la direction artiste, sa recherche autour de la beauté, du corps et de leur métamorphose se matérialise à travers de nombreux médiums.

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