Pierre-Antoine Baudouin : un maître du libertinage pour Fragonard

Durant les années 1760 Fragonard apparaît très proche du peintre de miniatures Pierre-Antoine Baudouin (1723- 1769).
26 octobre 2015
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Baudoin, La Soirée aux Tuileries, Collection particulière, courtesy Galerie Fabienne Fiacre / photo Art Go
Élève de Boucher, celui-ci se fait connaître en produisant des dessins à la gouache dont les sujets recoupent ceux de la littérature libertine. Ses scènes de séduction érotique sont proches des romans de Crébillon (1707- 1777) ou de la Morlière (1719-1785) voire de textes pornographiques tel que Margot la Ravaudeuse (1750).

Le succès foudroyant de ses gouaches exposées publiquement est conforté par le scandale qu’elles suscitent parfois. Ses participations aux Salons sont attendues, abondamment commentées par la critique. Des compositions plus libres encore, exécutées pour des amateurs fortunés, sont parfois divulguées – souvent édulcorées – par le biais de la gravure.

Baudouin a sans doute été pour Fragonard un mentor en iconographie libertine. À partir de 1765, ils se partagent l’atelier du défunt peintre Deshays au Louvre. En 1767, ils font la demande d’aller copier ensemble les tableaux de Rubens au palais du Luxembourg – l’actuel Sénat ! Au moment du décès précoce de Baudouin en 1769, les dessins et tableaux de Fragonard abondent dans son atelier. Leurs œuvres enfin se répondent au point que certaines compositions libertines de Fragonard semblent un hommage à son aîné.
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