Projection gratuite à l'auditorium : "Marie-Antoinette reine de France"

Venez assister gratuitement à la projection du film "Marie-Antoinette reine de France" ce lundi 4 janvier à 16h l'auditorium du Grand Palais. Mais avant cela, un avant-goût de ce que vous allez voir...
4 janvier 2016
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Annabelle Gasquez
Marie-Antoinette reine de France (1956)
 
Cinquante ans se sont écoulés entre le film Marie-Antoinette reine de France de Jean Delannoy, une production franco-italienne datant de 1956, et le long-métrage loufoque de Sofia Coppola sorti en 2006. Marie-Antoinette, dame de toutes les fascinations, à découvrir sous les angles d’une caméra atemporelle.
 
Avec son Marie-Antoinette, Jean Delannoy tente de réhabiliter la reine autrefois malmenée. Légère, manipulatrice, touchante ou courageuse ? Qui sait. Le cinéaste, lui, a fait son choix. Il y a dans cette pellicule colorée une certaine bienveillance à l’égard de ce visage malicieux, calme et opalin. Magnifiquement interprétée par Michèle Morgan, Marie-Antoinette réécrit quelques lignes de son destin le temps d’un film. Dès le début du long-métrage, nous la retrouvons s’amusant à un bal masqué, maligne, farouche et enjouée. Mais la réduire à cela serait pourtant oublier les injustices auxquelles la princesse autrichienne a fait face durant son existence. Le scénario suit la vie de la jeune femme, de la mort de Louis XV à son propre trépas, inévitable. 
 
Jean Delannoy, cible préférée de la Nouvelle Vague au crépuscule des années 1950, soigne ici sa réalisation. Alors que l’introduction se révèle fort réjouissante – Louis XV donne un cours d’éducation sexuelle sacrément cocasse à son cher fils –, la monotonie s’installe doucement. Peut-être est-ce dû aux erreurs de rythme et à la longueur du film, dont l’auteur est manifestement soucieux d’exactitude historique. Malgré cela, de nombreuses libertés sont prises sur la marche des événements, le scénario préférant l’histoire d’amour de l’insoumise avec le comte Axel de Fersen (Richard Todd) au fameux scandale du collier, rapidement jeté aux oubliettes. On se focalise entièrement sur la reine et son prétendant. Marie-Antoinette propose au spectateur une romance plutôt qu’un récit authentique sur la Révolution française. Une fois cela accepté, contempler Versailles et errer dans les beaux paysages des Tuileries et du Petit Trianon n’est plus d’aucune difficulté. L’observateur se laisse naturellement porter.
 
D’ailleurs, les décors et les personnages nous remémorent constamment l’imagerie populaire de l’époque. Plusieurs scènes, comme celle du jugement de Marie-Antoinette, ressemblent à s’y méprendre aux gravures du XVIIIe siècle. Avant le sanglant dénouement, on peut apercevoir Jacques-Louis David esquissant la silhouette triste de la veuve fatiguée alors qu’elle monte sur l’échafaud. Cette ressemblance picturale, omniprésente, se dévoile aussi sous les traits des acteurs. Jeune, Michèle Morgan nous évoque les magnifiques portraits exécutés par Élisabeth Vigée-Le Brun, cette peau diaphane, ces grands yeux bleus, cette douceur incarnée sous l’ombre d’un chapeau. Ce qui vaut à la peintre officielle de la reine d’apparaître dans une scène, l’espace d’un instant, d’un souvenir.
 
Davantage connu pour son adaptation du roman d’André Gide, La symphonie Pastorale (1946), Jean Delannoy a finalement laissé à la France une jolie réécriture de son histoire, revue par le septième art. Comme le disait si bien Jean Cocteau : « L'histoire est du vrai qui se déforme, la légende du faux qui s'incarne. » Marie-Antoinette est depuis toujours une figure fascinante, ondoyante. Stefan Zweig écrira sa biographie, Norma Shearer et Kirsten Dunst l’incarneront au cinéma, et Élisabeth Vigée-Le Brun gravera à jamais son portrait dans l’inconscient de chacun. Icône éternelle, dépassant les frontières géographiques, la dernière véritable reine de France n’a eu de cesse d’émouvoir et de captiver.
 
 
 
 

 

 

Projection gratuite lundi 4 janvier à 16h à l'auditorium du Grand Palais
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