Qui est Henri de Toulouse-Lautrec ?

Découvrez en 10 dates clés la vie d'Henri de Toulouse-Lautrec, dont la grande exposition ouvrira ses portes au Grand Palais le 9 octobre prochain !
6 septembre 2019
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Toulouse-Lautrec, Autoportrait
Henri de Toulouse-Lautrec, Autoportrait du peintre lisant son journal, au dos de l'affiche : "Le Divan japonais"
© Collection Fondation Pierre Gianadda, Martigny.

Né à Albi en 1864, Henri de Toulouse-Lautrec connaît, dès son plus jeune âge, un destin singulier. Les témoignages ne manquent pas pour dresser le portrait de cet artiste de génie enfermé dans un corps disgracieux et précocement marqué par l’infirmité. À 18 ans, il embrasse une carrière artistique qui le mène dans le Paris fin de siècle, et la bohème montmartroise. Du cabaret aux maisons closes, du café-concert au cirque, il saisit sans caricature, ni idéalisation, les protagonistes de la vie moderne. Conséquence de sa santé fragile et de son mode de vie porté aux excès, la mort l’emporte alors qu’il n’est âgé que de 36 ans. Parfois réduit à l’apparente trivialité de ses sujets, son oeuvre révèle l’ambition, dans le sillage de Degas et Manet, de donner à la vie moderne la dignité de la peinture d’histoire.

 

 

1864
Naissance à Albi dans une famille aristocrate. Ses parents sont cousins germains, ce qui est commun dans la noblesse de l’époque afin d’éviter la division des patrimoines.

1875
Sa santé l’oblige à quitter le lycée et sa mère prend en charge sa scolarité. A dix ans, il ne mesure que 1,27m, souffre de douleurs et de déformations articulaires des membres inférieurs ; en fin de croissance, sa taille sera de 1,52m. Il subit ensuite divers traitements, mais une fracture au fémur gauche en 1878 et au droit l’année suivante viennent confirmer un état pathologique probablement dû au mariage consanguin de ses parents. En convalescence, il dessine, peint et lit. Il développera par la suite beaucoup d’autodérision à propos de sa taille et de son physique disgracieux.

1881
Le jeune bachelier se rend à Paris pour débuter une carrière de peintre et intègre l’atelier de René Princeteau, puis décide de suivre le cursus académique en s'inscrivant au cours de Léon Bonnat (1833-1922) ; portraitiste et peintre d’histoire, il est très classique et fermement opposé aux impressionnistes et aux avant-gardes. Après la fermeture de l’atelier, en 1883, il rejoint l’enseignement de Fernand Cormon (1854-1924), plus tolérant.
Il réalise plusieurs portraits et dessins de Carmen Gaudin, une blanchisseuse à la chevelure rousse incandescente, qui restera l’un de ses modèles préférés.

1886 
Installé à Montmartre, le jeune Lautrec découvre cabarets, théâtres et cafés, dont il célèbre les atmosphères. Il passe de la guinguette du Moulin de la Galette au Moulin Rouge, inauguré en 1889, qui aura ses faveurs constantes, s’arrête au Divan Japonais ou au Chat Noir. Tout proche, s’élève le fameux cirque Fernando.

1887
Lautrec arrive à la fin de son enseignement. Tout s’accélère : il expose avec Van Gogh, qu’il a connu à l’atelier de Cormon ; tous deux rompent avec les premiers impressionnistes. Van Gogh lui achète sa première toile. Des cercles mondains aux milieux d’avant-garde, Lautrec transgresse toutes les barrières sociales.

Toulouse-Lautrec, Affiche La Goulue
Henri de Toulouse-Lautrec, Moulin Rouge. La Goulue, lithographie © Richard Pelletier, Ville de Chaumont / le Signe, Centre national du graphisme.

1891
Il réalise sa première affiche, qui représente Louise Weber dite La Goulue, danseuse de French Cancan au Moulin Rouge.

1893 
Lautrec devient l’un des peintres de La Revue Blanche, fondée par les frères Natanson. Il évolue parmi les hommes de lettres et fréquente entre autres Félix Fénéon, Jules Renard, Stéphane Mallarmé, également Oscar Wilde et Tristan Bernard.

1895
La Goulue lui commande des panneaux pour sa « baraque » à la Foire du Trône, entre affiche et fresque.

1898
Sa santé altérée ralentit sa production. Il expose nombre de ses œuvres à Londres (« ce qui restera longtemps la plus vaste vitrine de son talent polymorphe ») avec peu de succès cependant.
L’irritabilité du peintre s’accompagne de pertes de mémoire et d’actes incontrôlés, voire de delirium tremens. Henri est un jouisseur et son alcoolisme inquiète sa mère, qui finit par l’interner à Neuilly pendant trois mois. Il y photographie, dessine, peint et grave, s’inspirant du cirque et du théâtre.

1901
Victime d’attaques nerveuses qui le paralysent progressivement à cause de l’alcool et probablement de la syphilis, et souffrant déjà d’une santé fragile, Toulouse-Lautrec meurt à 36 ans, laissant derrière lui (malgré la brièveté de sa vie) une production artistique foisonnante de quelques six mille œuvres. 

 

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