Eugène Devéria (

Eugène Devéria (

La peinture et l'histoire

Musée du château de Pau
- 17 décembre 2005 - 19 mars 2006

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Description

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux et le musée national du château de Pau grâce au concours de Total. En partenariat média avec Sud-Ouest et la chaîne Histoire.

Le renouvellement récent de l’intérêt accordé aux artistes romantiques ainsi qu’aux sujets d’histoire dans la peinture du XIXe siècle justifie pleinement l’ambition de cette exposition, qui est de faire découvrir ou redécouvrir l’œuvre du peintre Eugène Devéria (Paris, 1805-Pau, 1865). A l’occasion du deux centième anniversaire de sa naissance, cette démarche est rendue possible par l’ouverture de collections privées et par des enrichissements significatifs effectués ces dernières années par les musées.

Eugène Devéria eut son heure de gloire au Salon de 1827, où il incarna passagèrement le succès de la nouvelle école romantique avec sa Naissance d’Henri IV. Les commandes officielles qu’il reçut, notamment pour le château de Versailles, ses compositions dans le domaine de la peinture religieuse (à Paris, pour Notre-Dame-de-Lorette, à Fougères, et surtout à Avignon, avec la décoration murale de Notre-Dame-des-Doms) firent suite à ce coup d’éclat. Puis, retiré à Pau dans la pratique d’un calvinisme fervent (sa conversion date de 1843), Devéria gagne l’ombre, et s’il cultive toujours le registre historique, se consacre au portrait et au paysage. Sa réputation le conduit en Hollande et en Ecosse, où s’épanouit sa pratique du portrait.

A travers Eugène Devéria, l’exposition tente de faire saisir au visiteur la mélancolie du siècle et ce que fut le geste romantique. Une centaine d’œuvres (peintures, dessins, estampes) y sont réunies, privilégiant le travail d’esquisse, où s’exprime le meilleur du style brillant et coloré du peintre. On peut présenter le parcours artistique d’Eugène Devéria selon quatre grandes sections qui sont celles de l’exposition :

La fleur de la jeunesse (1824-1827)
Ici sont réunis quelques témoignages du milieu intellectuel et artistique brillant où évolue le jeune Eugène Devéria : portraits de jeunesse, portrait du général Hugo (Paris, Maison Victor Hugo), mais aussi ses premières scènes historiques (Lecture de la sentence de Marie Stuart, 1826, musée des Beaux-Arts d’Angers).

Quatre grandes scènes
Cette section montre, à partir d’études préparatoires, comment ont été élaborés quatre grands tableaux qui sont aussi quatre moments importants de la carrière du peintre et mettent en évidence les rapports instaurés par celui-ci entre histoire et actualité :
- La Naissance d’Henri IV (1827)
- Louis-Philippe Ier prête serment, devant les Chambres, de maintenir la Charte, 9 août 1830 (1831-1836)
- Le Duc de Montpensier inaugure la statue de Henri IV à Pau, 27 août 1843 (1845)
- Réception de Christophe Colomb par Ferdinand et Isabelle (1861)

Une culture artistique et littéraire résolument romantique (1845-1861)
Dans les années 1840-1850, la peinture d’Eugène Devéria (Mort de Jeanne Seymour, Salon de 1847, Scène de la vie d’Henri VIII, après 1850, musée des Beaux-Arts de Caen) reste pétrie de réminiscences littéraires du théâtre romantique, des romans de Walter Scott ou de l’œuvre de Shakespeare hors des grandes évolution de l’art dans ces années.

Inquiétude et consolations
Pour suivre l’inflexion essentielle que représente la rencontre du calvinisme dans l’interprétation du devenir historique professée par l’artiste, le sujet relativement isolé de La Mort de Calvin, (vers 1850, Musée Jean Calvin, Noyon) fait l’objet d’une attention particulière. Plusieurs témoignages de sa spiritualité (Bibles annotées) et de son écriture (Journal, correspondance, poèmes) éclairent une personnalité singulière.