Pinceaux de lumière

Pinceaux de lumière

Du modèle au vitrail

Musée de Cluny
- 18 octobre 2006 - 15 janvier 2007

Partager

Description

Organisée par la Réunion des musées nationaux et le musée national du Moyen Age, cette exposition est réalisée grâce au soutien de la Fondation d’entreprise Gaz de France, et en partenariat média avec La Vie et France Bleu Ile-de-France.

Le musée national du Moyen Age possède la plus riche collection de vitraux en France (230 panneaux, médaillons ou fragments de vitraux, couvrant une période du XIIe jusqu’au début du XVIe siècle). De 2000 à la fin de l’année 2004, grâce au soutien de la Fondation d’entreprise Gaz de France, cette collection a bénéficié d’une exceptionnelle campagne de restauration dont cette exposition marque l’aboutissement. Choisis parmi les plus beaux et les plus importants vitraux, trente panneaux de la collection sont exposés en regard de trente-cinq œuvres, sur parchemin, papier ou toile. L’exposition s’attache en effet à montrer les liens étroits qui existent entre les peintres-verriers et les enlumineurs, dessinateurs et graveurs, du XIIe au XVIe siècle.

Le peintre-verrier, dont le métier apparaît au début du Moyen Age, maîtrisait un savoir-faire particulier : après avoir découpé les morceaux de verre, il les peignait et les assemblait en recherchant les plus belles harmonies de couleurs. Pour les figures et les motifs, il s’inspirait d’enluminures, de peintures ou de gravures d’artistes de son temps. Dans le cas de commandes très importantes, il arrivait que les modèles soient directement fournis par des peintres : ainsi Duccio di Buoninsegna (vers 1225-vers 1319) livré ceux des verrières de la cathédrale de Sienne. Il semble aussi que certains grands peintres aient pratiqué eux-mêmes la peinture sur verre, Fouquet (vers 1420-vers 1480) et Lucas de Leyde (1494-1533).

Ce qui est sûr, c'est que l'on trouve, dans les grands cabinets d’arts graphiques, des modèles dessinés par des artistes, à partir du XVe siècle, en vue de la réalisation de vitraux ou de rondels. Et, s’il est très probable, pour certaines verrières présentées dans l’exposition (en provenance de Rouen, de Saint-Denis, de Troyes…), que des artistes-créateurs aient fourni de tels modèles, pour d’autres commandes moins importantes, les peintres-verriers ont copié ou imité, plus ou moins librement, des enluminures, gravures ou dessins « indépendants ».

Le parcours de l’exposition comprend trois parties :

XIIe - XIVe siècle. Vitraux et enluminures d'origine prestigieuse (Roi, princes, haut clergé lié à la couronne) 
Les vitraux des XIIe-XIVe siècles conservés au musée national du Moyen Age appartiennent aux plus importantes commandes de leur temps. Ils sont le reflet d’un milieu artistique de très haute qualité, celui de la cour du comte de Champagne à la fin du XIIe siècle, celui du Roi et de son entourage au XIIIe siècle et au début du XIVe (abbaye de Gercy, château royal de Rouen, chapelles de Saint-Denis).

XVe siècle. Vitraux et interprétation des modèles enluminés puis gravés
Les panneaux du XVe siècle présentés dans l’exposition proviennent de deux grandes régions où s’épanouit l’art du vitrail : la Normandie, où prévalut l’influence des enluminures parisiennes, et l’Alsace, terre d’élection des graveurs.

Fin du XVe - début du XVIe siècle. Les rondels: multiplication des modèles et production en série
L’art du vitrail ne pénètre que tardivement les salles des plus riches demeures nobles ou bourgeoises. Dans cette section, l’exposition présente des rondels : taillés dans une seule pièce de verre, ces petits médaillons délicatement peints en jaune d’argent s’inspirent de dessins des Pays-Bas du sud, de gravures allemandes et de livres imprimés à Paris vers 1500, et répondent au goût d’une clientèle nouvelle.

De grandes institutions françaises et étrangères se sont associées à cette exposition (à Paris : Bibliothèque nationale de France, bibliothèque Mazarine, musée du Louvre; musée Jacquemart-André; en région : Troyes, médiathèque et trésor de la cathédrale ; Bourges, musée du Berry; Rodez, musée Fenaille; à l’étranger : New York, Metropolitan Museum of Art; Munich, Staatliche Graphische Sammlung; Stuttgart, Graphische Sammlung; Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum ; Leyde, Universiteitsbibliotheek).