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Véritable témoignage de l’art de vivre de l’époque, les arts décoratifs connaissent un essor sans pareil des débuts du Consulat à la chute de l’Empire. Fait de paradoxes, le style empire est à la fois majestueux et épuré, rectiligne et courbe, moderne inspiré de l’antique.
A la recherche de la grandeur et de la sobriété antique
Bien que le modèle antique ait déjà été en vogue par le passé, il trouve une expression nouvelle au début du XIXe siècle grâce à la découverte des vestiges archéologiques de Pompéi et d’Herculanum, qui offrent une source d’inspiration puissante aux artistes. Cette appétence pour la sobriété romaine est caractéristique de la recherche de grandeur et de puissance de l’époque. Le style empire se déploie d’ailleurs avant tout dans les lieux de pouvoir et les espaces intérieurs des élites fortunées.
Une politique de soutien à l’artisanat français du luxe
Cette soif de luxe et cette recherche d’une esthétique nouvelle remplacent l’austérité révolutionnaire qui avait jusqu’alors cours. Dès son accession au pouvoir, Napoléon met l’accent sur la branche de l’économie française que représente l’industrie du luxe. Cette politique permet à la France de reprendre sa place en tête de file de l’artisanat européen du luxe et assure une activité stable et durable aux artisans. Les nombreuses commandes publiques ont pour objectif de faire des palais consulaires et impériaux les vitrines de l’excellence du savoir-faire national auprès des cours étrangères.
De nouveaux symboles de pouvoir
Bonaparte s’installe lui-même dès son arrivée à la tête de l’État dans deux anciens palais royaux : les Tuileries et Saint-Cloud, tous deux vidés de leurs meubles et éléments de décoration depuis la Révolution. Ces espaces offrent aux architectes, décorateurs et artisans l’occasion de déployer un véritable art de cour : c’est l’époque de la renaissance de l’administration du Garde-Meuble. Les décors et les ameublements se parent de nouveaux symboles de pouvoir : abeilles, aigle, couronnes de laurier… Sphinx et figures égyptiennes apparaissent aussi dans les arts décoratifs. Cette tendance, qui avait commencé à la fin de l’Ancien Régime, est largement amplifiée par la campagne d’Égypte menée par Napoléon à partir de 1798.
La politique de commande publique des arts décoratifs initiée par Napoléon influence la transformation de l’artisanat traditionnel vers des structures plus importantes, pré-industrielles. Elle donne l’occasion aux artistes et aux artisans de rayonner au-delà de leurs frontières et nous a laissé en héritage un style qui reste une référence artistique incontournable.
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