Un double plateau de danse entre transe futuriste et culture créole, porté par Sharon Eyal et Léo Lérus, deux grandes figures de la danse contemporaine qui mettent leurs singularités en miroir avec une même puissance fédératrice.
Sharon Eyal et Léo Lérus cultivent depuis vingt ans une complicité artistique et professionnelle. À l’invitation du Ballet de l’Opéra national du Rhin, ils ont imaginé ensemble ce diptyque faisant entrer en résonance leurs deux univers.
Mêlant rigueur technique et expressivité brute, la pièce The Look (2019) renvoie pour Sharon Eyal à un mantra du Mahatma Gandhi, "Nobody can hurt me without my permission" ("Personne ne peut me faire de mal sans mon accord"), évoquant la résilience du corps, de l’esprit et des communautés humaines face à la violence et l’oppression. Ici, les silhouettes sombres des danseurs et des danseuses se confondent et semblent ne faire qu’un, organisme, écosystème, microcosme. Un tout qui observe le public droit dans les yeux et qui respire, se déploie, ondule et vit au rythme hypnotique et organique d’un flot musical aux influences tribales et post-industrielles.
En écho à cette transe futuriste et collective, les solos et les ensembles intimistes d’Ici, création de Léo Lérus, insufflent une sensibilité et une énergie contemporaine à des traditions chorégraphiques et musicales guadeloupéennes remontant à la période de l’esclavage pour mieux célébrer la singularité et les rencontres d’individus solaires.
Autres informations
À propos de Sharon Eyal et Léo Lérus
Sharon Eyal
Sharon Eyal est cofondatrice, codirectrice et chorégraphe de la compagnie S-E-D. Depuis 2005, elle collabore avec Gai Behar pour ses créations et en 2013, ils créent leur compagnie de danse : la Sharon Eyal Dance Company, dont le répertoire est coproduit avec certains des plus grands centres de danse internationaux. Ils signent aussi des chorégraphies pour le Nederlands Dans Theater (Bedroom Folk, Salt Womb, Feelings et Sara), l'Opéra national de Paris (Faunes), le Göteborgs Operans Danskompani (Untitled Black et Autodance), entre autres. En 2017 elle reçoit le prix FEDORA Van Cleef & Arpels pour le ballet et en 2018 elle reçoit le prix Faust en Allemagne. Elle est nommée Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres de la République française en 2023.
Léo Lérus
Léo Lérus débute son parcours avec la danse traditionnelle guadeloupéenne, le Gwoka. Il intègre le Conservatoire national supérieur de musique et danse de Paris où il suit le cursus de danse contemporaine. Il rejoint successivement la Random Dance Company (Wayne McGregor), la Batsheva Dance Company (Ohad Naharin) et la L-E-V Dance Company (Sharon Eyal/Gai Behar). Il signe ses premières créations dès 2010, notamment pour : Festival Sur les Frontières à Chaillot - Théâtre national de la Danse de Paris, Israël Dance Festival de Tel Aviv, Holland Dance Festival à La Haye ou encore le Musée d’Israël - Machol Shalem à Jérusalem. Affirmant son attachement à la culture guadeloupéenne, il cherche à explorer et approfondir son lien avec le Gwoka et creuser son héritage culturel. Sa création Entropieau reçoit le Prix du Public à l’occasion du concours PODIUM édition 2021.
Distribution et crédits
The Look
Pièce pour 18 danseurs. Ballet de l’OnR
Chorégraphie : Sharon Eyal
Musique : Ori Lichtik
Costumes : Rebecca Hytting
Lumières : Alon Cohen
Ici
Pièce pour 12 danseurs. Ballet de l’OnR
Chorégraphie : Léo Lérus
Composition sonore : Denis Guivarc’h
Costumes : Bénédicte Blaison
Lumières : Chloé Bouju