Aux frontières de l'empire : Une image édulcorée de l'empire colonial britannique

Aux frontières de l'empire : Une image édulcorée de l'empire colonial britannique

Entre la réalité de l'empire colonial et ses représentations en peinture, il y a tout un monde. Découvrez comment les arts plastiques ont contribué à voiler les dures réalités de l'empire britannique
15 Gennaio 2020
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En 1763, avec le traité de Paris, la Grande-Bretagne sort renforcée de la guerre de Sept Ans et s’impose comme principale puissance coloniale en Amérique, au Canada et en Inde, ainsi que dans les Caraïbes. La crise politique en Amérique, la déclaration d’Indépendance en 1776 et la guerre qui s’ensuit, constituent un énorme traumatisme historique. L’espoir de maintenir un empire anglophone mondial se défait. Les historiens parlent d’une transition entre un « premier » empire britannique, centré sur l’Amérique, et un « second », tourné vers l’est, en particulier vers l’Inde.

Les ambitions coloniales de la Grande-Bretagne ne vont pas sans de lourdes conséquences sur les populations, la première venant de l’institution de l’esclavage. Au cours du XVIIIe siècle, les Britanniques deviennent les principaux acteurs de la traite négrière transatlantique. Si le commerce des esclaves est interdit en 1807, il faut attendre 1834 pour que l’esclavage lui-même soit formellement aboli. Les arts plastiques ont contribué à voiler les dures réalités de l’empire britannique. Les portraits d’esclavagistes notoires font rarement allusion à l’origine de leur richesse.

Zoffany, Le colonel Blair et sa famille
Johan ZOFFANY, Le colonel Blair et sa famille, 1786, © Tate, Londres, 2020

Rares sont les images qui évoquent la résistance des esclaves ou dépeignent la violence de cette exploitation humaine. Ainsi, dans sa représentation de la vie anglo-indienne, Zoffany (ci-contre) reprend les principes de la conversation piece, les rehaussant tout juste de quelques touches d’exotisme. De même, les vues de l’Inde comme celles de William Hodges ou de Thomas Daniell, qui s’appuient sur les conventions de la peinture de paysage européenne, se veulent sereines et intemporelles.

 

À découvrir dans l'expo "L'âge d'or de la peinture anglaise" jusqu'au 16 février 2020

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