La première projection au Salon indien

La première projection au Salon indien

Le 22 mars 1895 a lieu la première projection pour un cercle restreint de professionnels, à la Société d’encouragement pour l’Industrie Nationale à Paris...
27 апреля 2015
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À la fin de sa conférence sur le développement de l’industrie photographique, Antoine Lumière dévoile un film montrant la sortie des ouvriers et ouvrières de son usine. L’auditoire est enthousiaste : pour la première fois grâce au Cinématographe Lumière, un film devient visible par toute une assemblée.
C’est lors de cette conférence qu’il rencontre Jules Carpentier et que nait leur collaboration. Jules Carpentier sera chargé de la fabrication de l’appareil en série, d’ici la fin de l’année 1895.

Cette même année, 11 autres séances réservées à des scientifiques et des photographes, seront organisées en France (Paris, Lyon, La Ciotat, Grenoble) et en Belgique (Bruxelles, Louvain) proposant un programme de films plus étoffé et remportant à chaque fois le même succès.

La première projection publique au Salon Indien

Au-delà de cette prouesse technique fondatrice, les frères Lumière initient également l’expérience collective du partage des images, en organisant la première séance publique payante au Salon Indien du Grand Café, boulevard des Capucines, actuel Hôtel Scribe, à Paris. L’ère du spectacle cinématographique commence. 10 films sont programmés lors de cette soirée historique du 28 décembre 1895.
Les premiers spectateurs sont subjugués par ce qu’ils voient. Certains sont mêmes prêts à acheter l’appareil très cher. Georges Méliès, directeur de théâtre, futur réalisateur du Voyage dans la lune, est subjugué par cette projection exceptionnelle et propose 10 000 francs pour
l’appareil. Les directeurs des Folies Bergère surenchérissent à 50 000 francs. Mais, Antoine Lumière ne cède pas, bien décidé à conserver l’exploitation exclusive du Cinématographe... Cette première projection publique et payante ne compte que 33 spectateurs mais le bouche-à-oreille répand rapidement la nouvelle. Les séances d’une vingtaine de minutes chacune se multiplient alors et, quelques semaines plus tard, le Salon Indien accueille jusqu’à 2 500 spectateurs par jour !

Un article publié dans La Poste du 30 décembre 1895 commentera : « C’est une porte d’atelier qui s’ouvre et laisse échapper un flot d’ouvriers et d’ouvrières, avec des bicyclettes, des chiens qui courent, des voitures ; tout cela s’agite et grouille. C’est la vie même, c’est le mouvement pris sur le vif. »

Et de conclure enthousiaste : « Lorsque ces appareils seront livrés au public, lorsque tous pourront photographier les êtres qui leur sont chers, non plus dans leur forme immobile, mais dans leur mouvement, dans leur action, dans leurs gestes familiers, avec la parole au bout des lèvres, la mort cessera d’être absolue. »

"À ce spectacle, nous restâmes tous bouche bée, frappés de stupeur, surpris au-delà de toute expression. À la fin de la représentation, c’était du délire, et chacun se demandait comment on avait pu obtenir pareil résultat."
Georges Méliès, Salon Indien du Grand Café, Paris, 28 décembre 1895

"Si j’apprenais un jour qu’avant l’ouverture de la salle de projection du Grand Café du 28 décembre 1895, il eût été possible à quelqu’un de dire: “Je suis allé au cinéma”, je serais le premier à rendre hommage à l’auteur de l’appareil ayant provoqué une telle déclaration. Jusque là et en pleine quiétude d’esprit, je crois pouvoir me considérer, dans le domaine de l’industrie cinématographique comme… comment dirai-je ?… comme le premier venu."
Louis Lumière

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