Amadeo et Montparnasse : « Ici on respire, au Portugal on étouffe »

Amadeo et Montparnasse : « Ici on respire, au Portugal on étouffe »

Apprenez à connaître un peu mieux "le secret le mieux gardé de l'art moderne". L'artiste portugais Amadeo de Souza-Cordoso est au Grand Palais jusqu'au 18 juillet 2016.
24 мая 2016
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Mélissa Lacoste
Titre inconnu (Don Quichotte), 1914, Lisbonne, CAM / Fundação Calouste Gulbenkian Inv. 86P26
Au tournant du XXème siècle, Paris est un lieu dont l'effervescence culturelle et les nouvelles formes d'expressions artistiques attirent les jeunes artistes et intellectuels du monde entier, parmi eux de nombreux portugais ouvrent la voie à Amadeo, qui arrive à Paris le 14 novembre 1906 accompagné du peintre Francisco Smith.

Il est accueilli par Acacio Lino qui lui présente le Montparnasse cosmopolite, populaire et bohème de la Belle Epoque. Paul Fort notamment contribua à faire de Montparnasse ce centre international des arts et des lettres dont l'épicentre fut la Closerie des Lilas où se retrouve le tout-Paris culturel. Amadeo s'y sent très rapidement chez lui et écrit à sa sœur « Ici on respire, au Portugal on étouffe ». En effet, il aime flâner au jardin du Luxembourg, à la terrasse des cafés du quartier latin, passant son temps à lire et à croquer les silhouettes parisiennes. 
 
Paris est surtout pour Amadeo le moyen de vivre la révolution moderniste de l'art, en participant aux académies libres de peinture et en ayant accès aux galeries et aux expositions, telle que la rétrospective de Cézanne. Il participe au Salon des Indépendants pour la première fois en 1911 et au Salon d'Automne en 1912, et peut goûter à l'éclosion du cubisme, du fauvisme, du futurisme qui auront de grandes influences sur sa création. Cette énergie parisienne et l'émulsion de la confrontation des idées est un élément déterminant pour l'auteur, dont il nourrit sa création.