Amadeo : l’effervescence d’un style

Amadeo : l’effervescence d’un style

Apprenez à connaître un peu mieux "le secret le mieux gardé de l'art moderne". L'artiste portugais Amadeo de Souza-Cordoso est au Grand Palais jusqu'au 18 juillet 2016.
7 июня 2016
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Le Prince et la meute, 1912 Huile sur toile 99,5 × 80,5 cm Lisbonne, CAM / Fundação Calouste Gulbenkian Inv. 86P153
Le style d'Amadeo de Souza Cardoso ne va cesser d'évoluer tout au long de sa fulgurante carrière, changeant de support, de matériel et de technique très régulièrement. Dès sa jeunesse, ses inspirations artistiques sont en décalage avec l'enseignement académique et classique de ses études d'architecture. Travailleur acharné et fin observateur, il va se nourrir de l'effervescence artistique dans laquelle il évolue pour en tirer le terreau de ses œuvres. Revendiquant son indépendance et son originalité, il ne se réclama jamais d'un courant en particulier, cherchant continuellement à forger sa propre vision de l'art. Cela transparaît dans l'évolution de son œuvre, mouvante au grès de ses inspirations, évolutive dans sa forme et explorant des influences très diverses pour s'amalgamer aux idées naissantes de l'artiste.

Pour lui, « Les écoles sont mortes. Nous les jeunes, nous cherchons l'originalité. Je suis impressionniste, futuriste, interactionniste, de tout un peu », affirmant ainsi son indépendance et fustigeant les artistes adeptes d'un courant artistique. Néanmoins, parmi les courants majeurs qui le stimule et l'inspire, l’impressionnisme, le cubisme, les primitifs et le futurisme sont déterminants. De ces courants, il emprunte le rapport au mouvement et à la vitesse, le travail sur la couleur, les thèmes exotiques comme en témoigne la publication en 1912 de l'Album de XX Dessins. A partir de 1913, apparaissent des toiles plus orphiques, matérialisées par la juxtaposition de couleurs, le menant progressivement vers l'abstraction, se dégageant du sujet pour s'intéresser à l'expression de la peinture sur la toile. En 1917, lorsqu'Amadeo s'est retiré à Manhufe, ses recherches picturales évoluent vers une forme de dadaïsme dont il ignore pourtant tout du mouvement éponyme.