Le Cubisme

30 novembre 2010
|

Le Petit-déjeuner (1915) Juan Gris - Paris, musée national d’Art moderne - Centre Georges Pompidou © Collection Centre Pompidou, Dist. RMN / Philippe Migeat

C’est le critique d’art Louis Vauxcelles qui aurait donné son nom au mouvement cubiste en parlant de « petits cubes » pour décrire une œuvre de Braque en 1908. Le cubisme cherche effectivement à représenter ses sujets par l’association de figures géométriques. La réalité doit être débarrassée de ses aspects secondaires et éphémères, il s’agit de trouver la structure profonde des choses et les formes essentielles (polyèdres, cylindres, cônes…). En 1907, Picasso (1881-1973) peint les Demoiselles d’Avignon, considéré comme le premier tableau cubiste. Braque (1882-1963) s’engage sur la même voie après avoir vu le tableau.

Parmi les influences des deux artistes on retrouve Cézanne (1839-1906) et ses recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes. On trouve aussi l'"art nègre" dans lequel les cubistes trouvent des qualités plastiques jusque là ignorées.

Le premier cubisme est dit "analytique" : les objets sont analysés de plusieurs points de vue, les volumes sont éclatés en une multitude de facettes. La palette se réduit à des gris ou des bruns mais une grande importance est laissée à la lumière et à la transparence des plans.
Le cubisme "synthétique" qui lui succède dans les années 1912-1914 simplifie la représentation. Au lieu de multiplier les points de vue on choisit les facettes les plus pertinentes pour la compréhension de l’objet. La couleur réapparaît par le biais du collage (objets, papiers…).

Le cubisme suscite l’enthousiasme de plusieurs peintres comme Gris (1887-1927), Delaunay (1885-1941) et Léger (1881-1955) et de sculpteurs parmi lesquels on trouve Brancusi (1876-1957) ou Duchamp-Villon (18876-1918). L’écrivain Apollinaire apporte au mouvement son soutien et sa réflexion par des écrits théoriques.

Après la première guerre mondiale le mouvement s’essouffle mais son influence reste majeure : les surréalistes lui empruntent l’invention du collage et l’art abstrait doit beaucoup à la déconstruction du réel opérée par les cubistes.

 

 

Mots-clés
A lire aussi

Miró, le fauve catalan et le cubiste

Article - 19 octobre 2018
Découvrez les premières oeuvres de l'artiste qui utilise toute sa vie des références à sa terre natale, la Catalogne, avec laquelle il établit dès 1915 une relation exceptionnelle, quasi charnelle !

C'est le printemps avec l'exposition Jardins!

Vidéo - 24 février 2017
Du délicat brin d'herbe de Dürer, au ciel lumineux de Fragonard, en passant par « le jardin planétaire » de Gilles Clément : c’est le printemps au Grand Palais !

Amadeo à Paris

Article - 7 décembre 2016
Une plaque commémorative a été apposée sur la façade de la dernière demeure parisienne du peintre Amadeo de Souza-Cardoso, au 20 rue Ernest Cresson dans le 14ème arrondissement à Paris.

Qui a volé la Joconde ?

Article - 23 août 2016
Pour vous faire patienter avant l'ouverture des cours d'Histoires d'Art le 16 septembre prochain au Grand palais, découvrez les "Fun facts Histoires d'Art". De petites histoires avant de rencontrer la grande Histoire.
Tout le magazine