Les tahitiennes énigmatiques de Paul Gauguin

"Toujours ce silence. Je comprends pourquoi ces individus peuvent rester des heures, des journées assis sans dire un mot et regarder le ciel avec mélancolie. Je sens tout cela qui va m’envahir" - Lettre de Paul Gauguin à Mette Gauguin, juillet 1891.
29 décembre 2017
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À Tahiti, Gauguin est frappé par le mélange d’indolence et de mystère qu’il observe chez les habitants de l’archipel. Ce caractère énigmatique imprègne les oeuvres peintes dans l’année suivant sa première installation en Polynésie. Les couleurs vives et radieuses contrastent avec une impression de calme et une certaine tristesse des expressions, trahissant la fragilité d’une plénitude vouée à s’évanouir. C’est une existence sans entrave, simple mais pour autant riche de sens, que Gauguin s’attache à représenter. Le lien entre les Tahitiens et la nature fascine Gauguin.

Femmes de Tahiti, Paul Gauguin, © 1891 Rmn-Grand Palais (musée d'Orsay) / image Rmn-GP


Dans Femmes de Tahiti, le cadrage très resserré de la composition confère un aspect presque hiératique aux deux figures, proches mais totalement indépendantes l’une de l’autre. Aucun regard, aucune communication apparente, mais une harmonie silencieuse, teintée de mélancolie, dans une atmosphère presque irréelle. Les deux femmes au visage impénétrable semblent isolées du monde extérieur, et le spectateur quelque peu mis à l’écart du véritable sens de cette représentation. Seuls les vêtements rattachent l’oeuvre à son époque ; la chaste robe rose portée par la femme de droite rappelle en effet la longue présence des missionnaires protestants sur l’île.

Retrouvez cette œuvre dans l’exposition Gauguin l’alchimiste
Au Grand Palais jusqu’au 22 janvier 2018
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