L'expressionnisme allemand

6 juillet 2012
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Ernst Ludwig Kirchner (1880-1938) Elisabethufer, 1913 Huile sur toile Allemagne, Munich, Pinakothek der Moderne, Sammlung Moderne Kunst © Ingeborg & Dr. W. Henze-Ketterer, Wichtrach/Bern, ©BPK, Berlin, Dist. RMN / image BStGS


L’expressionnisme allemand cherche davantage à exprimer le monde qu’à véritablement le montrer. On parle alors d’une expressivité dans la peinture.

Les origines de l’expressionnisme allemand

En 1893, l’œuvre Le cri d’Edvard Munch est la première référence pour les deux groupes de peintres allemands. Le terme « expressionnisme » (Expressionismus en allemand) vient du salon annuel de 1911 organisé par la sécession berlinoise (Berliner Secession). Cet art s’oppose à l’art officiel protégé par Guillaume II, troisième empereur allemand (1859-1941). Ce nouveau mouvement artistique est à la fois fasciné et épouvanté par les rythmes de la ville et de la modernité. Il reflète une vision pessimiste de la réalité à la vieille de la première guerre mondiale (1914-1918). Deux groupes de peintres se créent :

• Die Brücke (Le pont)
• Der Blaue Reiter (Le cavalier bleu)

Die Brücke

Ce groupe voit le jour à Dresde (Allemagne) en 1905 grâce à des étudiants en architecture. Die Brücke signifie « le pont » et sa symbolique montre l’idée de passer d’un monde à un autre. Les artistes désirent rompre avec le style académique traditionnel de l’époque et créer une nouvelle modernité. Les représentants sont :

Emil Nolde (1867–1956)
• Ernst Ludwig Kirchner (1880– 1938)
• Fritz Bleyl (1880– 1966)
• Max Pechstein (1881–1955)
• Erich Heckel (1883–1970)
• Karl Schmidt-Rottluff (1884–1976)

Ces artistes vont s’intéresser aux paysages en particulier mais aussi à la vie urbaine.

Ernst Ludwig Kirschner, dans son œuvre Elisabethufer, utilise le rouge (couleur primaire) pour traduire une expressivité. La présence de la ligne noire large crée des tensions avec la couleur. Le rouge et le vert sont dominants dans la toile: une couleur primaire associée à une couleur complémentaires. Cet artiste est connu pour avoir réalisé des œuvres représentant la vie urbaine allemande.

Emil Nolde, dans son œuvre Monsieur et dame, utilise des couleurs vives en les appliquant sur la toile comme une pâte épaisse. La touche est volumineuse, les couleurs sont saturées et la composition libre. L’artiste réalise un cadrage serré (gros plan) sur les deux personnages : un homme et une femme. La trace du pinceau de l’artiste est visible ; l’on remarque les touches et les aplats appliqués sur la toile.

Emil Nolde (1867-1956) Monsieur et dame, 1911 Huile sur toile, 73 x 88 cm. Allemagne, Hambourg, Kunsthalle ©Nolde Stiftung Seebüll © BPK, Berlin, Dist. RMN / Elke Walford


Karl Schmidt-Rottluff construit son tableau Barques sur la plage, avec des hachures et des aplats. Les couleurs sont nombreuses et le geste dynamique. Elles ne reflètent pas la réalité.

Der Blaue Reiter

Né en 1911 à Munich, ce groupe est principalement représenté par deux artistes : Vassilly Kandinsky et Alexei von Jawlensky. Pourquoi choisir comme nom, Le cavalier bleu ? Ce nom serait issu de la passion de Vassily Kandinsky pour les cavaliers et de celle de Franz Marc (1880-1916) pour les chevaux.

Alexei von Jawlensky (1864-1941) réalise une synthèse entre la ligne noire et la couleur, qui se retrouve dans son œuvre Village de Murnau. La ligne noire structure le tableau et cerne la couleur.

Vassilly Kandinsky (1866-1944) réalise une peinture, Improvisation 3, avec la ligne et la couleur. La présence d’un cavalier illustre le nom du groupe. Cette période pour Kandinsky est très importante car il se dirige lentement vers une peinture abstraite.

Vassily Kandinsky (1866-1944) Improvisation III, 1909 Huile sur toile, 94 x 130 cm. Paris, musée national d’Art moderne - Centre Georges Pompidou Donation de Nina Kandinsky (Neuilly-sur-Seine) en 1976 ©ADAGP, Paris 2012 © Collection Centre Pompidou, Dist. RMN / Adam Rzepka


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