Trois questions au commissaire de l'exposition Pompéi

Le commissaire de l'expo Pompéi, le professeur Massimo Osanna, Directeur Général du Parc Archéologique de Pompéi, a répondu à trois de nos questions !
14 mai 2020
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L’éruption du Vésuve qui a enseveli la ville de Pompéi sous un amas de cendres en l’an 79 de notre ère a eu pour effet de la préserver pendant les dix sept siècles suivants. Redécouverte fortuitement en 1741, puis fouillée jusqu’à aujourd’hui, Pompéi constitue le plus extraordinaire témoignage de la vie quotidienne à l’époque romaine. Cette exposition mettra l’accent sur les découvertes archéologiques les plus récentes et proposera une technologie nouvelle qui permet de mieux les voir. Celle-ci vous proposera également une véritable immersion dans la cité en faisant revivre, grâce à des projections numériques et à des dispositifs sonores, les rues animées, la vie domestique et l’éruption du Vésuve.

 

L’exposition Pompéi au Grand Palais est un événement numérique immersif auquel le Parc Archéologique de Pompéi est associé. Qu’apporte, selon vous, cette expérience d’un genre nouveau en relation avec le sujet ?

Pr MO : L'évolution des technologies numériques est en train de transformer la relation entre le public et les musées. Grâce à la création d'un événement numérique immersif, le projet d'exposition Pompéi a choisi d'adhérer à un langage direct destiné à tous ceux qui souhaitent élargir leurs connaissances du site. Le parcours conjugue l'impact émotionnel à l'expérience cognitive et culturelle qui est l'objectif de toute exposition. Des projections multimédias et virtuelles de haute qualité ont été créées grâce à l'étroite collaboration entre le monde de l'archéologie et de la recherche, soutenue par le Parc Archéologique de Pompéi et celui de l'innovation technologique, qui trouve dans la société GEDEON Programmes, un leader dans le domaine. En déambulant dans ses rues et en pénétrant dans les Domus, le visiteur pourra participer pleinement à la double vie de Pompéi, celle de la cité ensevelie par l'éruption catastrophique de 79 après J.-C. et celle de sa redécouverte.

 

En sait-on plus sur l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C. ?

Pr MO : Le périmètre des nouvelles fouilles représente aujourd'hui le meilleur endroit pour comprendre l'événement catastrophique survenu en 79 de notre ère, car l'analyse approfondie de la stratigraphie éruptive offre de très nombreuses indications pour reconstituer ces heures tragiques qui ont effacé pour toujours la vie antique de Pompéi. Par ailleurs, les fouilles entreprises dans le périmètre nommé « Regio 5 » (Regio V) nous ont également permis de faire une incroyable découverte. Lors des recherches menées à la Maison au Jardin, les archéologues ont repéré une inscription sur l'un des murs de l'atrium. Le texte a été identifié comme une note tracée au charbon sur deux lignes destinée à enregistrer le mouvement d'objets ou d'aliments de la réserve alimentaire de la maison. Son contenu s'est révélé pour nous d'une extrême importance car on y lit la date à laquelle a eu lieu l’inscription, 16 jours avant les calendes de novembre, soit le 17 octobre. Cette information remet en question la date du jour de l'éruption que les sources écrites situent plus tôt le 24 août 79.

 

Les visiteurs verront-ils des objets et œuvres d’art exhumés lors des dernières fouilles ?

Pr MO : L'exposition au Grand Palais est le tout premier événement à présenter certains des objets trouvés lors des nouvelles fouilles du Parc Archéologique de Pompéi du secteur Regio V. Dans la sélection il y a de la poterie et des ustensiles à usage quotidien ; des flûtes en os et en bronze ; un lapin en marbre ; une mosaïque du nymphaeum (bassin) d'un jardin et même un récipient pour les onguents qui conserve encore des restes organiques. L’objectif est de mettre en valeur la variété de nos découvertes. Les visiteurs pourront également admirer les dizaines d'objets du trésor dit de « La Sorcière » : une extraordinaire collection d'amulettes et de porte-bonheur trouvés dans une pièce de la Maison au jardin. Le trésor est composé de pierres précieuses et d'ambre, de cristaux, de boutons en os, de délicates faïences mais également de poupées, cloches et scarabées d'Orient, le tout dans un écrin en bois et en métal. Le petit coffret contenait également d'autres objets féminins, tels qu'un miroir et des colliers, mais pas d’objets en or.

 

De siècle en siècle, de génération en génération, Pompéi ne cesse de se dévoiler. Les technologies modernes permettent aujourd’hui d’offrir de nouvelles possibilités de documentation et d’interprétation. Les techniques sophistiquées de relevés et les reconstitutions numériques des lieux nous livrent une nouvelle vision du passé et du déroulement de la catastrophe. Découvrez le en vidéo : 

 

En attendant son ouverture au Grand Palais
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