Un herbier venant tout droit... des tranchées !

Récoltées sur des champs de bataille ou dans des jardins abandonnés, ces plantes ont été rassemblées dans un petit herbier relié par une marraine de poilus, Louise Gailleton. Marc Jeanson, commissaire de l’exposition Jardins au Grand Palais nous raconte l’histoire de cet herbier dit « des tranchées ».
14 juin 2017
|
Marc Jeanson
© MNHN - Elodie Lerat
© MNHN - Elodie Lerat


Cet herbier a été créé par Louise Gailleton, une marraine de poilus qui demandait aux soldats avec qui elle correspondait de glisser dans leurs lettres des éléments végétaux (fleurs, feuilles, branches) récoltés sur les champs de bataille ou dans des jardins abandonnés.En mémoire des liens d’amitié qu’elle tissa ainsi avec une vingtaine de soldats, elle conserva ces fragments végétaux sous forme de ce petit herbier relié. 
 
Si la plupart des espèces ainsi rassemblées sont faciles à identifier (pensées, coquelicot, pâquerette, lierre, différentes fougères…) l’information relative à leurs lieux d’origine (Verdun, Chemin des Dames, Argonne, Champagne), pour la plupart de funestes évocations irrévocablement associées à de terribles batailles, ainsi que les initiales des collecteurs écrites en fibres de paille, en rendent la consultation particulièrement émouvante. Cette activité de collecte de plantes est à rapprocher de l’artisanat de petits objets de la vie courante ou décoratifs appelé « art des tranchées ». 

© MNHN - Elodie Lerat


On retrouve, dans le choix des plantes collectées, une symbolique des fleurs, populaire à cette époque et abondamment diffusée par les almanachs d’avant-guerre. Les liens ainsi noués durant la guerre se poursuivirent après l’armistice. Dans un souci de conservation, cet herbier fut confié au Muséum d'histoire naturelle par Mme Lemonnier, nièce de Louise Gailleton.
 
 
Exposition Jardins au Grand Palais, jusqu'au 24 juillet 2017

Réservez votre billet ICI
Mots-clés
A lire aussi

Toulouse-Lautrec et la vitesse

- 17 janvier 2020
À l'image de sa vie menée à cent à l'heure, Toulouse-Lautrec n'a cessé pendant toute sa carrière de représenter dans ses toiles le mouvement et la vitesse. Vite, on vous explique tout !
Tout le magazine