Une leçon d’expressionnisme par Rodin

Rodin a sans cesse cherché à faire s'exprimer les corps, les passions et la nature au travers de son œuvre; une source d'inspiration pour bien des artistes après lui. Découvrez cette particularité dans l'exposition Rodin au Grand Palais jusqu'au 31 juillet 2017 !
5 avril 2017
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Bourdelle, masque d'Apollon, 1900 © Musée Rodin (photo Hervé Lewandowski)
Rodin réaffirme sans cesse la présence de la nature au cœur de son œuvre : il souhaite faire parler les corps et s’exprimer les passions.
Il s’éloigne de la statuaire et des sujets mythologiques, allégoriques ou historiques. Très tôt, il se libère du sujet au sens traditionnel du terme pour se concentrer sur les expressions de la chair. « Le corps, dit-il, est un moulage où s’impriment les passions. »
 
Ainsi, il exclut des Bourgeois de Calais ou de La Porte de l’Enfer toute référence historique ou littéraire. Il recherche plutôt l’expression et affirme la dimension universelle des figures et des groupes.

À partir de 1890, le maître est unanimement salué comme celui qui a rendu vie à la sculpture. Sa célébrité ne cesse de s’accroître, tout comme son aura. Les jeunes artistes sont nombreux à passer dans son atelier et poussent à leur limite extrême les leçons qu’ils y ont reçues. 
Bourdelle, Lehmbruck ou Zadkine ne reculent pas devant l’exagération, la déformation ou l’amplification du modelé. D’autres retiennent plutôt la vision dramatiquement expressive de la destinée humaine vue par Rodin.

 




Les Bourgeois de Calais, 1889

 
© Musée Rodin (photo Christian Baraja)
En 1885, le maire de Calais Omer Dewavrin propose d’ériger un monument en l’honneur des six calaisiens prêts à faire le sacrifice de leur vie pour libérer la ville de Calais en 1347. Rodin répond à cette commande et réalise Les Bourgeois de Calais. Les personnages n’expriment rien d’autre que l’accablement ou le désespoir de l’être humain face à un destin tragique.

Rodin écrit à Dewavrin : « Leur âme les pousse en avant et leurs pieds refusent de marcher. Ils se traînent péniblement, autant à cause de la faiblesse à laquelle les a réduits la famine, qu’à cause de l’épouvante du supplice… Et certainement, si j’ai réussi à montrer combien le corps, même exténué par les plus cruelles souffrances, tient encore à la vie, combien il a encore d’empire sur l’âme éprise de vaillance, je ne puis [que] me féliciter de n’être pas resté au-dessous du noble thème que j’avais à traiter ».
 

 

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