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Hilma af Klint : quand l’art s’inspire du vivant

Vue de salle de l'exposition Hilma af Klint
Photo © Luc Castel, 2026

Hilma af Klint, série Chaos originel

Jusqu'au 30 août, l'exposition consacrée à Hilma af Klint au Grand Palais révèle une artiste fascinée par la nature, les sciences et les mystères du vivant. Une occasion unique de découvrir comment fleurs, formes végétales et motifs populaires deviennent le langage d'une peinture résolument moderne.

Une oeuvre de Hilma af Klint, issue de la série "Les Dix plus grands" : tons bleus, rosés et orangés, représentant des formes organiques et fleuries
By courtesy of the Hilma af Klint Foundation © photo The Moderna Museet, Stockholm

Hilma af Klint, Les Dix plus grands, n° 2 (Enfance), 1907

Observer la nature… 

Chez Hilma af Klint, la nature est plus qu'un simple sujet de peinture. Fleurs, spirales ou formes végétales deviennent les éléments d'un langage visuel qui cherche à raconter ce que l'œil ne voit pas toujours. À travers ses œuvres, l'artiste suédoise s'intéresse autant au monde vivant qu'aux forces invisibles qui l'animent. 

Passionnée par le monde végétal et par la botanique, qu'elle étudie avec sa mère, Hilma af Klint observe avec attention la nature. Cette connaissance du vivant nourrit profondément son travail. Mais plutôt que de reproduire fidèlement la nature, elle en retient les rythmes, les structures et les transformations pour créer un univers symbolique inédit. 

…Pour mieux comprendre le monde 

Dans ses grandes compositions, les fleurs deviennent des signes, des symboles de vie, d'évolution ou de spiritualité. Les pétales, les spirales et les courbes évoquent les cycles naturels, les échanges entre les êtres vivants ou encore les liens qui unissent la matière et l'esprit. Dans les Dix plus grands (1908), elle affirme qu’il est possible de trouver dans le langage symbolique des fleurs, une voix spirituelle, distincte du régime d’imitation auxquels les arts appliqués restaient assignés. Avec ces formes simplifiées et colorées, l’artiste imagine une autre manière de représenter le monde.

Oeuvre Les Dix plus grands, n° 5 (Âge adulte), dans les tons violet avec des fleurs et lettrages
© By courtesy of the Hilma af Klint Foundation / photo The Moderna Museet, Stockholm

Hilma af  Klint, Les Dix plus grands, n° 5 (Âge adulte), 1907

Du fil à la toile

Son inspiration puise également dans les arts populaires suédois. Hilma af Klint porte une attention particulière aux productions folkloriques de son pays et en étudie le patrimoine avant d’entrer à l’École Royale des Beaux-Arts de Stockholm. Les broderies traditionnelles et les motifs textiles nourrissent son vocabulaire plastique. 

Elle-même pratique la broderie et possède des modèles qu’elle conserve comme sources d’inspiration pour les vrilles, enroulements et ornements qui font penser à des lettrines dans ses œuvres. À une époque où les travaux d’aiguille sont considérés comme mineurs et traditionnellement assignés aux femmes, elle leur donne une place centrale dans ses peintures monumentales abstraites. Elle revalorise ainsi le savoir-faire et l’inventivité de ces pratiques domestiques pour les rendre modernes.

Une œuvre en avance sur son temps 

En parcourant l'exposition, laissez-vous guider par ces formes organiques et ces couleurs éclatantes. Derrière leur apparente simplicité se cache une vision du monde où chaque élément participe à un vaste équilibre. Plus d'un siècle après leur création, les œuvres d'Hilma af Klint résonnent avec des questions toujours actuelles sur notre relation à la nature et sur les multiples façons de la regarder.

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