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Le monde dans un studio : les portraits d'Irving Penn entre 1967 et 1971

mar, 28/11/2017 - 11:08 -- debout
Irving Penn réalise son rêve de photographier des hommes et des femmes à travers le monde quand il part en Afrique et en Asie-Pacifique entre 1967 et 1971.
Les photos prises au Dahomey, le Bénin actuel, en 1967, en Papouasie Nouvelle-Guinée en 1970, puis au Maroc en 1971, témoignent de la fascination romantique de Penn pour les parures, les ornements corporels et les coutumes mystérieuses des peuplades qu’il rencontre.
 
Perfectionniste, cherchant à maîtriser le moindre détail de ses photographies, Penn préfère travailler en studio. Avec ses assistants, il conçoit donc une tente spéciale qui garantit l’intimité nécessaire tout en permettant de photographier en lumière naturelle.  
 

« Le studio est devenu, pour chacun d’entre nous, une sorte de zone neutre. Ce n’était pas chez eux, puisque j’avais introduit dans leur vie cette enclave étrangère. Ce n’était pas chez moi, puisque je venais évidemment d’ailleurs, de très loin. Mais dans cet entre-deux, nous avions une possibilité de rencontre qui fut une révélation pour moi et souvent, je peux le dire, une expérience émouvante pour les modèles eux-mêmes, qui, sans un mot, par leur seule attitude et leur application, arrivaient à en dire assez pour combler le gouffre entre nos différents univers. »

Irving Penn n’est pas un anthropologue. C’est un artiste qui cherche à créer des portraits subtilement détaillés et soigneusement agencés. Même s’il n’a pas voulu faire écho aux stéréotypes de la photographie ethnographique, le fait d’isoler ses modèles sur un fond neutre rappelle inévitablement les traditions coloniales. 

En mai 1970, Penn et son équipe se rendent à Goroka, en Nouvelle Guinée. Ils font une première étape dans le village tribal de Bena pour voir les indigènes et notamment leurs bilas (ornements corporels traditionnels), composés de coquillages, de plumes colorées, de décors en fourrure, de dents de chien ou de graines. Indicateurs d’une position sociale, les coquillages sont des biens précieux utilisés comme moyen de paiement pour acheter un cochon ou payer une dot. Pour montrer tout ce qu’on lui doit, un big man arbore sur sa poitrine un omak (lamelles de bambou, comme dans ce portrait).


Retrouvez ces portraits dans l'exposition Irving Penn au Grand Palais, jusqu'au 29 janvier 2018 !
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