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Les nus d'Irving Penn : des femmes réelles dans des situations réelles

ven, 17/11/2017 - 14:50 -- debout
Découvrez la série expérimentale des nus féminins d'Irving Penn, en totale rupture avec les canons féminins sur papier glacé véhiculés par la presse.
Le nu féminin est une source éternelle d’inspiration artistique depuis que l’art existe. Quand Irving Penn fait ses études à la Pennsylvania Museum and School dans les années 1930, l’un des nus les plus célèbres qu’il découvre est un dessin au fusain d’un modèle masqué, par Thomas Eakins, qui lui apprend – chose scandaleuse à l’époque – que le nu doit être dessiné d’après un modèle vivant. Le fait que Eakins ait accepté les imperfections du corps choque les Philadelphiens de l’époque. Des décennies plus tard, Penn n’a pas oublié la leçon, et ses nus révolutionnaires – qui, d’une certaine façon, doivent beaucoup à l’exemple de cet artiste – provoqueront des réactions tout aussi négatives. Irving Penn en donne sa première version en 1947. Deux ans plus tard, au début de l’été 1949 alors que les bureaux de Condé Nast se vident pour les vacances, Penn reste à New York. Toujours désireux de photographier des « femmes réelles dans des situations réelles », il revient sur ce thème et lui consacre une série complète.
 
Sans le filtre de la mode ou de la bienséance, la série d’Irving Penn progresse dans un esprit d’expérimentation et de découverte sans limites. La série se déploie au ralenti devant l’objectif, pour aboutir à des formes plus stables et monumentales. Tout en savourant la sensualité et la générosité des chairs, Irving Penn cherche à tempérer l’ultraréalisme de la photographie au moment du tirage. Il recourt à un procédé argentique expérimental, en surexposant d’abord l’image avant de la blanchir, ce qui donne des résultats très variables dont la plupart finit à la poubelle. 

 

La charge érotique de ces photographies est forte, mais, comme les séances elles-mêmes, elle est maîtrisée, tenue à distance esthétique. Au fur et à mesure qu’il avance dans la série, Penn choisit quelques modèles plus charnus ; elles donneront lieu à des nus superbement plastiques, qui – pour la première fois depuis Rubens – exposent librement leur réalité charnelle.

Pourtant, les références du photographe ne sont pas les corps magnifiquement peints des maîtres anciens : sa bibliothèque mentale est remplie plutôt des contours simplifiés et des surfaces lisses des nus de Arp, Brancusi, Maillol, Moore, Picasso et Matisse, qui paraissent dans les revues d’art européennes des années 1930. Le corps de la femme y apparaît rarement en entier ; il est tronqué, réarrangé, déformé, rendu abstrait et parfois monumentalisé.


 

Les Nus ne suscitent aucun intérêt en 1950. Plus tard, Irving Penn reprend les négatifs et les développe en utilisant cette fois le procédé au platine-palladium. Malgré tout, la série n’intéresse guère le public jusqu’à ce qu’elle soit exposée au Metropolitan Museum of Art à New York en 2002. 

 

Irving Penn, Grand Palais
jusqu'au 29 janvier 2018

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