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Si les photos de Keïta ont par essence une dimension vintage par l’utilisation du noir et blanc et l’esthétique historiquement marquée qui s’en dégage, cet aspect est renforcé par la présence de tout un panel d’accessoires que le photographe malien utilise dans un souci de mise en scène et de sublimation de ses modèles.
Vêtements chics, costumes à l’européenne, chapeaux, cravates, montres, ceintures, bijoux, petit mobilier, poste de radio, stylos, fume-cigarette, voiture et scooter font souffler un vent de nostalgie empli charme sur les clichés de Keïta. En avance sur son temps, il habille d’accents vintage ses tirages à prise unique pour la plupart. Juchées sur une Vespa, ces deux jeunes femmes, l’une lunettes de soleil sur le nez et sourire aux lèvres, l’autre triomphante face à l’objectif un sac élégant à l’épaule, incarnent l’essence même de cette esthétique surannée très Dolce Vita, dont on ne demande qu’à découvrir l’histoire sous la patine du temps.
De même pour ce jeune garçon à la mine boudeuse. Coiffé d’un béret et vêtu d’une salopette et d’une marinière, il semble avec sa bicyclette tenue dans la main, tout droit sorti d’un cliché à la Robert Doisneau, la baguette de pain en moins ! Toqué d’un charme à la française certain, ce cliché est le reflet de la capacité visionnaire de Keïta à retranscrire visuellement des atmosphères. Et que dire de ces trois jeunes garçons qui prennent la pose, décontractés dans leurs tenues à la mode occidentale ? Le col de chemise ouvert, les mains dans les poches, la clope au bec ou le chapeau Borsalino sur la tête, c’est avec le coeur en fête et l’allure fière qu’ils viennent se faire photographier au studio de Seydou Keïta, et ce pour le plus grand bonheur de nos yeux contemporains.
Se faisant le chantre d’une société africaine en route vers la modernité, le photographe du Tout-Bamako a ainsi paré d’intemporalité son oeuvre, laissant le loisir à celui qui l’observe d’en imaginer les coulisses…
Pauline Weber
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Nous, frissons d’étoiles, 2026
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