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Chez Matisse, la peinture prend des allures de jardin en expansion ! Jusqu’au 26 juillet, l’exposition consacrée aux dernières années de l’artiste révèle un univers foisonnant où la couleur devient nature vivante. Une occasion inédite d’admirer les grandes compositions Les Acanthes, La Gerbe, L'Escargot et bien d’autres, au Grand Palais.
Avec l'œuvre Les Acanthes, Henri Matisse ne se contente plus de représenter la nature : il la réinvente. Entre 1941 et 1954, l’artiste, limité physiquement, met au point la technique du papier gouaché découpé qui devient son médium de prédilection. Les ciseaux prolongent désormais sa main. Il taille directement dans la couleur, comme un sculpteur dans la matière. Le geste est précis, libre, presque instinctif.
Vous ne pouvez pas vous figurer, à quel point, en cette période de papiers découpés, la sensation de vol qui se dégage en moi m'aide à mieux ajuster ma main quand elle conduit le trajet de mes ciseaux. C'est assez difficilement explicable. Je dirais que c'est une espèce d'équivalence linéaire, graphique de la sensation du vol.
Henri Matisse, Acanthes, 1953
Dans son appartement-atelier, Matisse compose la plupart de ses gouaches découpées à même le mur. Simplement épinglées sans composition préétablie, les formes sont assemblées et réagencées au gré de son inspiration. Peu à peu, l’espace se transforme en un environnement foisonnant, où feuilles, algues, fleurs et spirales semblent pousser librement. L’atelier devient un véritable jardin, en perpétuelle transformation.
Dans les dernières années de sa vie, Matisse fait de la nature une véritable métaphore de son travail. Il compare son long travail d’études préparatoires à celui d’un jardinier : la terre préparée avant la plantation et l’épanouissement des formes décoratives à une "floraison". Chaque découpe, chaque couleur participe de cette croissance. Tous ces éléments empruntés à la nature portent l’énergie vitale et affirment la force créatrice de l’artiste.
Vue de l'exposition Matisse 1941-1954, Grand Palais x Centre Pompidou
Présentée aux côtés de La Gerbe, L’Escargot et Mémoire d’Océanie, Les Acanthes participe d’un ensemble inédit en France. Ces grandes compositions en gouache découpée témoignent de l’aboutissement d’un langage unique, où forme et couleur fusionnent. Fragiles et rarement exposées, ces œuvres offrent aujourd’hui une occasion rare : approcher au plus près un moment décisif de la création de Matisse. Une expérience à vivre avant le 26 juillet au Grand Palais !
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Voir le contenu : Dessiner avec des ciseaux : la technique de la gouache découpée par Henri Matisse
Henri Matisse, Zulma, début 1950
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À près de 80 ans, Matisse se réinvente : il ne peint plus, mais taille directement dans la couleur. Avec ses ciseaux, il invente un geste libre et direct qui donne naissance à des figures d’une puissance rare. Un nouvel élan créatif insufflé par la gouache découpée et dont l’histoire et les œuvres sont à découvrir au Grand Palais jusqu’au 26 juillet !
Voir le contenu : Matisse au Grand Palais : les célèbres “Nus bleus” exposés !
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Henri Matisse, Acanthes, 1953
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