Dans la tourmente des deux guerres

Du vingtième siècle, le Grand Palais a exprimé les visions, les valeurs, les espoirs, mais aussi les outrages : pris dans la tourmente des deux guerres, le monument devient un hôpital militaire et un centre de rééducation, mais il a aussi servi à la propagande nazie lors de la Deuxième Guerre mondiale.
18 janvier 2012
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Arrivée de grands blessés au Grand Palais pendant la Première Guerre mondiale. © Coll. Grand Palais
 
Qui aurait jamais pensé que le Grand Palais, dédié « à la gloire de l'art français », eût pu se transformer en hôpital militaire ? C'est pourtant le cas lors de la Première Guerre mondiale. À la place des traditionnels Salons artistiques ou Salons de l'automobile, le monument est réquisitionné pour servir de centre d'accueil des troupes coloniales puis des fusiliers marins, où les soldats reçoivent leur équipement, suivent une instruction et s'entraînent.

Le 4 septembre 1914, l'architecte-conservateur du Grand Palais, Henri Deglane, reçoit mission de transformer une partie de l'édifie en ambulance militaire. Progressivement, c'est tout le Grand Palais qui devient hôpital, accueillant mille lits, deux salles d'opération et même un centre de rééducation où sont utilisées la physiothérapie, l'hydrothérapie ou la radiothérapie. Les résultats sont si probants que la plupart des soldats peuvent être renvoyés sur le front. L'art n'est pas en reste : les peintres et sculpteurs non mobilisés des Salons sont mis à contribution en décorant la salle de gymnastique (actuel Salon d'Honneur) ou en réalisant des moulages de prothèses.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le Grand Palais connaît les heures les plus sombres de son histoire. La défaite interrompt les préparatifs du 2e Salon de la France d'outre-mer. Laissé aux mains des Allemands, le Grand Palais est réquisitionné pour servir d'entrepôt pour leurs camions puis pour accueillir deux expositions au service de la propagande nazie. La première intitulée « La France européenne » a lieu en 1940, suivie un an après par « La Vie nouvelle ». L'échec cuisant de cette exposition sonne le glas de ce type de manifestations.

Lors de la Libération de Paris, le Grand Palais devient bastion de résistance. Le 23 août 1944, un gardien de la paix tire d'une fenêtre du commissariat de l'avenue de Sèlves sur une colonne allemande proche des Champs-Élysées. Les Allemands attaquent le Grand Palais avec un char Goliath miniaturisé et font sauter la porte centrale du porche sur l'avenue Nicolas II. C'est le début d'un incendie, alimenté par la paille utilisée pour la ménagerie d'un cirque installé sous la Nef. Pendant 48 heures, le feu dégage une fumée noire et provoque des dommages importants. Le 26 août, les Gi's installent leur jeep dans la Nef, suivis de peu par celles de la 2e DB. Le Grand Palais est libéré !
 
 

 

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